Tomie

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Année : 1987
Catégorie : Seinen
Genres : Suspense / Horreur
Dessinateur : Junji ITŌ
Scénariste : Junji ITŌ
Date de parution : 07/07/2021
Éditeur : Mangetsu

Avant toute chose, j’aimerais vous parler de ma rencontre avec l’œuvre de Junji Itō qui date d’il y a bien 15 ans.
Je chattais alors en ligne avec plusieurs personnes, et nous parlions bien évidemment de mangas… L’une d’elle m’a alors fait remarquer que le pire manga qu’elle avait pu lire avait été un manga de Junji Itō pour qui le style était vraiment horrible, malaisant, et d’autres termes peu élogieux.
Curieuse, je me suis donc intéressé à cet auteur, et pour moi ce fut un véritable coup de cœur, une révélation.
A l’époque, je dois bien admettre que je n’étais pas encore ouverte à tous les styles de mangas comme aujourd’hui, il y avait tout de même beaucoup moins de publications et il n’étais pas si aisé de se procurer des mangas d’auteurs plus classique.
J’ai vraiment été sous le charmes de ses histoires parfois farfelus, et de l’angoisse qu’il pouvait transmettre par le dessin en ayant même recourt à des dessins visant clairement certaines phobies comme la trypophobie. Il y a des planches vraiment dérangeante dans l’oeuvre de Junji Itō, mais également terriblement sublimes… Et c’est ce mélange qui à mon sens crée la fascination que l’on peut avoir pour l’auteur.

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En ce qui concerne ma première rencontre avec la délicieuse Tomie, je dois avouer que c’était via le cinéma. En effet, je n’ai pas réussi de suite à me procurer le manga et j’ai dû attendre une réédition. Cependant plusieurs films existaient et j’ai été sous le charme. Le concept m’a de suite séduite, même si j’avoue que l’oeuvre littéraire est bien meilleure.
Depuis elle n’a eu de cesse de me hanter.. C’est un personnage qui si il nous atteint, ne nous laisse pas sans séquelles. Tomie détient un véritable pouvoir en elle, elle est fascinante, belle, et on l’aime autant qu’on pourrait la détester.
Encore aujourd’hui, Tomie fait vraiment partie de mes mangas préférés, que je peux lire et relire sans aucune lassitude.

Lorsque j’ai appris qu’une nouvelle maison d’édition allait se lancer dans la publication de l’oeuvre de Junji Itō, pour moi ce fut comme un énorme cadeau avant Noël. Et je sais que nous sommes nombreux à être vraiment heureux de savoir qu’il sera enfin possible de retrouver certains titres qui aujourd’hui sont tout simplement hors de prix à cause des spéculateurs… Je ne pense pas que l’œuvre de Junji Itō soit destinée à tout le monde, mais c’est un pan de la culture qui doit être accessible, son travail mérite notre reconnaissance.
Et je remercie énormément Mangetsu pour son travail et cette reconnaissance qu’ils ont sût apporter au grand Junji Itō.

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Voici d’ailleurs l’annonce qui a été faite par l’éditeur pour nous annoncer Tomie mais également nous présenter les œuvres à venir.
L’on peut d’ailleurs retrouver sur le rabat de la jaquette de Tomie une vue des ouvrages à paraître : Sensor ; Les Chefs-d’oeuvre – Tomes 1 et 2 qui regroupent les 20 meilleures nouvelles de l’auteur sélectionné par lui même; Frankenstein ; Zone fantôme ; Le Journal de Soïchi ; Fragments d’horreur et l’École décomposée.

Cette vidéo nous démontre bien à quel point Mangetsu à tenu à nous offrir un travail de qualité, très soigné, mais également accessible au plus grand nombre avec un prix juste.
Plusieurs points sont à souligner et mérite tout particulièrement notre attention, en effet nous retrouverons dans cette cette collection :
Une direction artistique commune qui nous permettra d’avoir des ouvrages dans notre bibliothèque qui ne dépareilleront pas les uns des autres. Et c’est important.
Par exemple nous avons pu voir dernièrement à quoi ressemblerait Sensor, et c’est fort ressemblant à Tomie.
Personnellement j’apprécie énormément ce travail graphique, le choix du noir qui rappelle pour moi le genre qu’est l’horreur.

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Ils ont également repris la traduction et le lettrage à zéro ainsi que les onomatopées de l’auteur qui sont sous titré en français. J’ai pu comparer avec une autre édition que je possède de Tomie, et pour moi c’est bien plus agréable à lire ainsi.
Certes nous n’avons pas de pages couleurs qui auraient été sans doute appréciable, mais non indispensable.
Enfin nous avons le droit à une analyse complète qui sera faite pour chaque titre, ce qui pour moi est très important, de plus ces analyses sont rédigées par la spécialiste francophone de l’auteur et nous aurons droit à chaque fois à des préfaces de différents invités. Comme pour celle de Tomie avec Alexandre Aja.
Une préface que j’avais vraiment hâte dé découvrir car pour moi c’est un grand réalisateur de films d’horreur avec des titres comme Haute Tension ; Mirrors ; Piranha 3D ; Horns ; La Colline à des yeux ( remake ) etc…J’ai d’ailleurs appris qu’il avait pour projet de réaliser une adaptation de Tomie.
Cette préface nous montre d’ailleurs toute la passion qu’il peut avoir pour cette œuvre :
«  Tomie n’est pas comme les autres filles… Et dans le panthéon des grands méchants de la littérature, mangas et bandes dessinées horrifiques, Tomie est peut être l’un des plus fascinants, tous genres confondus. L’ultime « bogeywomand » aux côtés de Carrie, La Llorana et autres grandes figures vengeresse. » – Alexandre Aja
«  C’est aussi un chef-d’oeuvre du body horror et du gore. Dans l’univers de Tomie, des pousses à têtes humaines fleurissent sur les tapis ensanglantés, des membres se régénèrent dans une poésie graphique et polymorphe. Ce qui rend Tomie si unique, c’est qu’elle a toujours le dernier mot. Tomie ne peut pas mourir et plus vous chercherez à la détruire, plus elle reviendra avec force vous séduire . » – Alexandre Aja

Et quoi de mieux que les paroles du grand maître lui même…
https://twitter.com/i/status/1412682712540909574

Voici la vidéo de présentation de l’oeuvre :
https://www.facebook.com/Mangetsu-105300214907973/videos/1448454755530865

J’ai longtemps réfléchi à la façon dont j’allais vous présenter le manga, et je pense que je vais le faire chapitre par chapitre, en essayant bien évidemment de en pas vous spoiler les histoires, mais vous donner un aperçu du contenu de chacune.
Le personnage de Tomie n’étant pas si difficile à comprendre, il s’agit tout simplement d’une demoiselle d’une grande beauté, qui quoi qu’elle fasse se retrouve trahit et tuée, le plus souvent découpée en morceaux, mais elle revient… inlassablement… une goutte de sang suffit et une nouvelle Tomie née…
Qui est t’elle ? D’où vient t’elle ? Nous ne le saurons probablement jamais… D’ailleurs, il se pourrait même que celle du départ de l’oeuvre ne soit pas la première, comme si Tomie avait toujours existé…
C’est un peu pour moi comme une déesse égocentrique, une muse, on pourrait presque l’associer à une succube même si son mode opératoire est différent… De plus elle ne tue jamais de ses mains… et c’est cela qui fait aussi toute la beauté et l’horreur du personnage…
Grâce à l’analyse à la fin du tome, nous en apprenons d’avantage sur Tomie et notamment sur la Genèse de l’oeuvre.

Tomie

Un premier chapitre qui nous permet tout simplement de faire connaissance avec la belle Tomie.
La jeune lycéenne est morte, son corps retrouvé en morceaux.
Alors que les élèves se remémorent la cérémonie funéraire, la demoiselle entre dans la classe comme si ne rient n’était…
Mais elle n’a rien d’une gentille demoiselle, et en plus d’un élève de sa classe, elle a également réussi à charmer son professeur.. .qui est cette jeune fille diabolique ?
Personne ne semble vouloir la laisser en vie… mais se débarrasser de Tomie est loin d’être chose aisée…
Car la demoiselle revient toujours… d’un rien une nouvelle créature se forme et prend l’apparence de la jeune demoiselle au grain de beauté si reconnaissable…

La Clinique Morita

Une jeune fille en insuffisance rénale qui attend une transplantation.. .
Un ami amoureux d’une étrange demoiselle rencontré au hasard, subitement pris d’une irrésistible envie de la tuer et de la dépecer…
Que se passerait t’il si un organe de la belle Tomie était utilisé pour sauver la demoiselle ?
Qui aurait finalement la vie sauve ?

Cette histoire se passe 2 ans après la première et l’on y retrouve le professeur Takagi… obtiendra t’il vengeance ?

La pièce au sous-sol

Toujours cette même clinique… le rein qui avait été transplanté se retrouve au sous sol en deux parties, qui semblent étonnement se développer pour donner vie à de nouvelles Tomie.
Mais bien plus grave encore, la demoiselle transplanté auraient des cellules en pleine mutation dans son organismes… que va t’il advenir d’elle ?
Et ces « choses » au sous sol ?
Quelle Tomie va rester en vie ?

Un mois s’est écoulé depuis la greffe, et le professeur s’assure toujours que Tomie ne revienne pas… mais tous ses efforts semblent vain et il lui faudra encore combattre le monstre.

Les photographies

Une histoire un peu plus longue que les précédentes où il est questions de photographies.
En effet, Tomie a maintenant trouvé refuge dans une nouvelle maison et elle a réintégré un lycée en poussant le vice à intégrer un comité de discipline, quelle petite sournoise.
Alors qu’une demoiselle fait commerce de photos de beaux garçons, elle va lui mettre des bâtons dans les roues et demander elle même à être photographié, après tout, peut t’on imaginer plus beau sujet ?
Mais quel sera donc l’image qui apparaîtra ?
Son vrai visage pourrait t’il ainsi être révélé ?
Une seule chose est certaine, l’issu de cette histoire sera la même et à nouveau Tomie attirera les pulsions meurtrières.

Le Baiser

Le sang de Tomie est bien difficile à nettoyer…
Pire… ce dernier prend vie dans l’appartement de la jeune photographe amateur Tsukiko où Tomie est morte pour la dernière fois…
Trop obsédé de pouvoir à nouveau embrasser l’élu de son cœur…
Mais l’issue reste la même… inéluctablement.
Et sur le tapis, dernier vestige de ce que fut la belle demoiselle, une bien étrange culture semble se développer.. à nouveau…

L’immense demeure

Tomie a trouvé refuge dans une immense demeure accompagné de Takagi faisant son grand retour.
Ils ont pris tout deux les identités des habitants à savoir un vieillard et sa fille afin de faire des « expérience » soit disant pour « guérir » Tomie…
Mais peut-elle réellement être guéri ?
Ou n’est-ce là que l’occasion pour Takagi de s’adonner à d’étranges expériences…
Alors que Tsukiko y est retenu prisonnière, arrivera telle à se sauver ?

Tomie, la vengeance

Changement de lieu pour cette histoire, l’on retrouve une Tomie abandonnée en pleine montagne depuis des semaines et qui va croiser la routes de plusieurs alpiniste donc un jeune homme qui cherche son grande frère…
Le reste de l’histoire est assez prévisible, encore une fois c’est la soif de vengeance qui a permis à Tomie de se régénérer alors que les morceaux de son corps avaient été dispersé dans la montagne par le grand frère disparu…
Peut-on réellement se débarrasser d’elle ?

Le bassin de la cascade

Et si l’on pouvait repeupler un village avec des racines de Tomie ?
C’est en tout cas l’idée d’un étrange vendeur, mais rejeté par les villageois il abandonne ses « paquets »dans le bassin d’une cascade…
Les suicides ne tardent pas à s’accumuler… quelque chose grandit au fond de l’eau…
Une armée de Tomie pourrait bien voir le jour..

Le peintre

L’histoire de Mori un peinture, qui va croiser le chemin de l’égocentrique Tomie…
Mais arrivera t’il à représenter parfaitement sa beauté ?

L’assassinat

Et si la pire ennemie de Tomie était tout simplement une autre Tomie ?
Dans cette histoire, un jeune homme fait la rencontre d’une Tomie mourante qui donnera naissance à une nouvelle tumeure.
Mais qui est l’originale ? Que faire alors que la chose lui demande de brûler le corps de la morte ?
Cette dernière est t’elle réellement morte ? Le jeune homme va se retrouver au cœur d’une histoire d’assassinat…
Encore une fois Tomie saura faire perdre l’esprit à son sauveur.

Les cheveux

Deux demoiselles sont prises de fascination pour des cheveux trouvés dans le bureau du père de l’une d’elle.
Bien évidemment ces derniers appartiennent à Tomie.
Mais lorsqu’elles décident de s’amuser avec et d’en placer sur leurs propres crânes, que pensez-vous qu’il va se passer ?
En tout cas ces derniers rendraient fou les fabricants de perruques du monde entier…

La fille adoptive

Qui ne rêverait pas d’adopter une jolie Tomie ?
Cette délicieuse menteuse va mettre à mal les desseins d’une employé de maison orpheline qui pensait pourtant avoir trouvé la famille idéale en se débarrassant habilement de toutes ses potentielles concurrentes.
Mais… On ne se débarrasse pas de Tomie… Elle survit toujours…

Auriculaire

Une histoire un peu particulière avec une Tomie devenue belle mère de 4 garçons dont un qui n’est pas du tout gâté par la nature et qui ne succombe pas à ses charmes.
Quelque chose d’insupportable pour la demoiselle dont l’égo n’a pas de limite.
Alors que son sort est tout tracé, le pauvre homme est désigné pour se débarrasser des morceaux du cadavre de sa nouvelle belle maman, mais les choses ne sont jamais figés, et même les flammes ne lui permettent pas d’être libéré.
Jusqu’où Tomie va t’elle devoir aller pour avoir enfin de l’emprise sur cet homme ?
Son sens de la manipulation n’a vraiment aucune limite…

Le petit garçon

Tomie n’épargne aucun individu de la gente masculine et va même jusqu’à chasser un jeune garçon afin qu’il l’a prenne pour sa mère.
Mais que sera donc son funeste destin ?
Se contentera t’elle du fils ? Lui faudra t’il le père ?
Aucune famille, aussi bienveillante qu’elle soit n’est pas à l’abri du monstre tapi dans l’ombre…

Le moût

Je ne connaissais pas ce terme, il s’agit de suc végétale, par exemple du jus de raisin, préparé pour subit la fermentation alcoolique.
Et c’est là que l’on se dit que l’auteur à une imagination débordante…
Et si Tomie une fois mise en charpie était utilisé pour fabriquer du saké ? Drôle d’idée.
Visions d’horreur et hallucinations seront le sort réservé à tout ceux qui goûteront l’étrange breuvage…

La baby-sitter

Une jolie baby-sitter est embauché par les parents adoptif d’un « bébé » qui n’en est pas vraiment un.
Ces derniers sont même devenu pyromane pour calmer ses pleurs et assouvir sa soif de rouge….
Mais… qu’est ce qui pourrait être d’un rouge parfait ?
Je vous laisse deviner…

Une réunion

Tomie en gourou d’une secte, un rôle parfait pour flatter son ego et répondre à ses attentes de reine.
Mais l’un des nouveau adepte ne va pas succomber à son emprise, et comme à chaque fois ceci est inacceptable pour elle car cela sonne comme une défaite.
La ferveur de ses adeptes à t’elle une limite ? Nous connaissons la réponse…

Les forcenés

La pire ennemie de Tomie ? Une autre Tomie…
Un étrange individu se libre à des expériences sur des ouvreaux né afin qu’ils deviennent des Tomie, mais surtout afin de la voir enfin vieillir pour qu’elle aussi puisse connaître les affres du temps…
Est-ce réellement possible ?
Tomie n’est t’elle pas destinée à demeurer éternellement jeune et belle ?

Top Model

Ce chapitre nous apprend l’origine de l’inconnu de l’histoire précédente.
La vaniteuse, l’orgueilleuse Tomie avait t’elle enfin trouvé un homme à sa hauteur ?
Peut-être en la personne d’un beau top model ? Mais… il n’en est rien…
Et ce dernier va l’apprendre à ses dépends.
Saura t’il défiguré Tomie comme il a pu l’être ? Pas si sûr…
Tomie pourrait faire un malheur en partageant ses secrets de beautés…

Vieille et laide

La solution pour que Tomie puisse vieillir et souffrir de voir ternir son image serait t’elle de la recouvrir de béton ?
En tout cas c’est une piste que va creuser l’étrange homme aidé de la sœur d’une des Tomie crée par ce dernier.
Mais auront-ils le dernier mot ?
Est-ce la fin de Tomie ?

L’analyse que l’on retrouve à la fin du tome est vraiment très intéressante, et j’ai essayé d’en faire un petit résumé pour vous transmettre ce que moi même j’ai pu apprendre.
Je vous avoue que c’est un exercice qui a toujours été assez difficile pour moi, donc merci de ne pas le juger trop durement.
La création de Tomie date de 1986, vous rendez-vous compte ? Au final cette œuvre à pratiquement mon âge et cela fait autant d’année qu’on en parle, c’est tout bonnement formidable sachant que c’était une première de la part de Junji Itō.
Il était alors prothésiste dentaire, un métier qui ne semblait pas lui déplaire, du moins c’est ce que j’ai ressenti en lisant son interview. Il y a voyait tout de même une part artistique, car mine de rien il faut que les dents s’adapte et pour cela un travail de sculpture est obligatoire.
Depuis toujours c’était un amateur d’horreur, notamment des mangas de Kazuo Umezu. Personnellement je suis toujours dans la découverte de cet auteur et je dois dire que j’apprécie énormément ses œuvres, plusieurs éditeurs en ont édité en France ou en édite encore actuellement : La femme serpent, Orochi, L’école emportée, Je suis Shingo, La maison aux insectes, Le vœu maudit…
Junji Itō va participer à un concours du magazine Gekkan Halloween dont la ligne éditoriale est étrangement destinée aux femmes apparemment et il va obtenir le prix Umezu avec la mention honorable. Son premier chapitre de Tomie va alors paraître en 1987.
Et cette demoiselle va l’accompagner pendant plus de 10 ans de 1987 à 2000, même si l’on pourra la retrouver en 2018 à l’occasion de l’OAV de l’anime Junji Itō Collection que vous pouvez retrouver sur Crunchyroll. C’est elle qui va réellement lui faire quitter son travail pour se lancer dans cette carrière de mangaka qu’on lui connaît aujourd’hui.

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Mais d’où lui est donc venu cette inspiration pour créer ce personnage qu’étrangement l’on ne peut qu’aimer, voir même aduler ( après tout elle le mérite ).
Il faut savoir que Junji Itō aime s’inspirer du quotidien, de faits divers, d’un détail suspect… il est toujours en observation du monde qui l’entour, par exemple pour Tomie l’on pourras citer les vers plats qui sont cité dans le chapitre «  La pièce au sous-sol », mais l’on pensera également au lézard dont la queue repousse.
De plus le premier chapitre fait référence à un événement qui a profondément marqué l’auteur lors de sa scolarité et concernant une camarade de classe morte lors d’un accident de voiture. Ainsi il a pu prendre parfaitement conscience de la réalité de la mort. Il s’est rendu compte que d’un instant à l’autre une personne pleine de vie pouvait disparaître…
Mais Tomie est aussi né d’une angoisse, celle de l’innocence perdue. De plus Junji Itō avait développée une phobie sociale surtout envers les belles femmes. Son œuvre apparaît alors comme une thérapie car aujourd’hui il s’est marié et il est devenu père de deux filles.
Le personnage de Tomie s’est construit chapitre après chapitre et c’est aussi ce qui la rend si fascinante…
Nous apprenons également une influence pour ce personnage qui pour moi est très inattendu. En effet, Junji Itō a été inspiré par Kyoko Otonashi ( Juliette ) – Maison Ikkoku de la célèbre Rumiko Takahashi. A l’époque, elle incarnait un modèle féminin différent des autres héroïnes de manga idéalisées du point de vue masculin, en effet pour ceux qui ont vu « Juliette je t’aime », ou lu «  Maison Ikkoku », Juliette est une femme forte, indépendante, qui ne va pas hésiter à taper du point sur la table quand il le faut, de même qu’elle pourra se montrer jalouse.

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A un moment l’on peut se poser une question tout a fait naturellement. Tomie est t’elle une victime ? En effet, si on analyse les choses, elle ne tue pas vraiment… Mais pour Junji Itō, dès le premier chapitre ceci n’est qu’une impression de surface car au fond elle demeure manipulatrice et pousse l’autre à agresser. Personnellement je trouve que cela est évident du moment où elle va même s’en prendre à un enfant… car en tant que femme, je pense que l’on pourrait comprendre le sentiment de vengeance de Tomie qui l’a pousse à s’en prendre à la genre masculine, mais pourquoi dans ce cas se prendre à un innocent ? ( Bien évidemment je ne suis pas naïve au point de croire qu’un enfant est fondamentalement innocent ). De plus, un autre fait est intéressant… c’est lorsque les hommes lui résistent… il y en a peu certes, mais quand cela se produit, plutôt que d’y trouver quelque chose de positif, au contraire cela pourrait presque la rendre encore plus dangereuse et vicieuse. Dans le chapitre « Auriculaire », elle fait preuve d’une très grande noirceur…
Il est certain que Tomie ne connaît le pardon, ou la demi mesure… en ce sens elle est véritablement un monstre.
Quelque chose d’intéressant dans la façon dont est structuré l’oeuvre par l’auteur, c’est qu‘à aucun moment nous n’avons le point de vue de Tomie dans le récit… ce qui accentue encore plus nos interrogations.

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Au delà des caractéristiques que l’on connaît maintenant de Tomie, à savoir sa beauté, son arrogance, sa prétention, sa mythomanie etc… il y a un trait de caractère auquel je n’avais pensé et qui pourtant pourrait très bien être à l’origine du succès qu’à connue la belle. Tomie est une femme totalement libre, si l’on y réfléchi elle n’a pas vraiment de nom de famille car celui du début pourrait très bien n’être qu’illusoire puisqu’au fond l’on ne sait pas si la Tomie du début est véritablement la première… ou si ce n’est qu’une manifestation comme une autre… Tomie est juste Tomie et c’est déjà bien suffisant…
De plus elle dit ce qu’elle pense, elle est franche et audacieuse, ce qui tranche avec le modèle social Japonais, et cela pourrait expliquer la fascination qu’elle provoque notamment auprès de la gente féminine. Un genre de Girl Power à l’extrême…
Cependant la demoiselle à tout de même peur de perdre le contrôle…

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Je sais que l’on pourrait reprocher à Junji Itō une certaine répétition chapitre après chapitre, mais personnellement je ne le ressent pas du tout. Au contraire, je prend plaisir à toujours découvrir une autre Tomie, encore plus mauvaise que la précédente…
Je suis fasciné par la capacité de l’auteur à sans cesse la réinventer, femme fatale, sang, cheveux, moût, belle mère, bébé, jeune fille… comme autant de sujets ayant matière à y placer son histoire.
Certains chapitres vont ensemble car l’on y retrouve des personnages, mais globalement tous peuvent être pris individuellement comme autant petits histoire horrifique qui font mouche à chaque fois.
Et ces monstruosités qu’il dessine page après page, chapitre après chapitre, où l’horreur se conjugue avec l’artistique, avec le beau… Parce que oui, même visuellement Tomie est une œuvre terriblement belle… comme si nos pulsions nous amenaient à voir sans arrêt la perfection devenir hideuse… un peu comme le top model qui n’aspire qu’à la voir vieillir.

Bref, je pense que vous l’aurais compris, pour moi Tomie est absolument une œuvre indispensable à avoir dans sa mangathèque, mais aussi un de mes mangas d’horreur préféré.
Et j’espère sincèrement par ces lignes vous avoir donné envie de vous y intéresser.

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J’attends avec impatience les prochains titres de Junji Itō que l’éditeur nous proposera.
Et je les remercie de m’avoir fait parvenir ce tome gratuitement.
( Même si je l’avoue, je l’ai acheté également de mon côté, afin d’avoir un exemplaire tout neuf dans ma mangathèque et pouvoir ainsi manipuler, lire et relire ce manga dont je ne me lasse pas ).

Je vous invite à suivre Mangetsu sur les réseaux sociaux…

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N’hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, si vous avez des questions à me poser je suis à votre disposition.
CatZ

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6 réflexions sur “Tomie

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