La Virginité passé 30 ans – Souffrances et désirs au quotidien

La virginité passé 30 ans

Année : 2016
Catégorie : Seinen
Genres : Comédie / Tranche de vie
Dessinateur : Sakurai Toshifumi
Scénariste : Nakamura Atsuhiko
Date de parution : 22/03/2018
Éditeur : Akata

Cela fait maintenant plusieurs années que j’avais envie de lire ce titre que j’ai vu un jour passer sur une Story Insta, et dernièrement alors que nous regardions avec Monsieur des vidéo Youtube sur les mangathèques des gens, l’un d’eux l’a sorti et j’ai dit à Cyril que je le voulais. Il me l’a alors commandé en surprise, et me voilà une femme comblée…
Ça c’est donc pour la petite histoire…

Comme toujours, je vous propose la présentation de l’éditeur, qui n’est autre que le résumé que l’on retrouve au dos du manga :

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Au Japon, un quart des hommes entre trente et cinquante ans n’aurait jamais eu d’expérience sexuelle, ce qui représente donc plus de 4 millions d’individus… vierges ! Ce sont les vies de huit d’entre eux qui sont mises en scène dans ce manga sociologique. Des vies bien réelles, entre souffrances et désirs, espoir et fierté, honte et humiliations publiques… Avec un regard bizarrement tendre et sans jugement, mais aussi très acerbe sur la société, Sakuraichi nous dévoile leur intimité, dénonçant du même coup toute l’hypocrisie du système. Un système qui use les individus, les tue à petit feu. Malgré des situations humainement inacceptables, les auteurs se refusent à tout compromis, et nous offrent une vision sans fard d’un Japon bien réel. Victimes et bourreaux à la fois, les « puceaux tardifs » décrits dans ce recueil ne sont-ils pas, après tout, que le résultat des dérives d’une société trop déshumanisée ?
(Source : https://www.akata.fr/series/la-virginite-passe-30-ans)

Concernant l’auteur et le dessinateur, je me permets tout simplement de vous retranscrire ce que l’on trouve sur le rabat de la jaquette, car à mon sens c’est intéressant.

ATSUHIKO NAKAMURA

Né à Tokyo en 1972, Journaliste indépendant. Son livre emblématique Namae No Nai Onnatachi (« les femmes sans nom », éditions Takarajimasha) dresse un portrait choc d’actrices pornographiques japonaises, dont il évoque le parcours et la vie sexuelle au cours d’entretiens.
Après avoir travaillé un temps dans le domaine des soins et services à la personne, il écrit principalement des ouvrages de non-fiction et des reportages.

BARGAIN SAKURAICHI

Né à Oasaka, en 1964. Auteur de mangas. Il s’est très vite spécialisé dans les œuvres érotiques et/ou comiques. Se basant sur ses propres expériences. Il a crée beaucoup de mangas reportages. Sa capacité à dessiner des individus aux physiques variés et réalistes le distingue de nombreux auteurs.
À noter qu’il travaille aussi sous son vrai nom : Toshifumi Sakurai (Ladyboy vs Yakuzas, l’île du désespoir).

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Alors pour commencer : Pourquoi je voulais ce titre ?
Et bien déjà il faut savoir que j’ai fait de base des études de Psychologie, non pas pour passer le temps mais car j’avais VRAIMENT envie de m’orienter vers cette voie. En effet, je suis très curieuse du monde qui m’entoure et du fonctionnement des gens, mais aussi de la société de manière globale, ses groupes etc…
Lorsque j’ai vu le titre de cet ouvrage j’ai donc été de suite intéressée par son contenu, et si l’on peut y voir une forme d’humour notamment par rapport au côté graphique, il s’agit là pour moi d’un vrai ouvrage de sociologie où l’auteur nous présente différentes personnes bien réelles. 
L’auteur est un vrai journaliste et derrière il y a eu un travail de fait pour nous aider à comprendre et pour mettre en avant ce phénomène qui prend une place importante au Japon.
Bien évidemment tout est traité avec bienveillance, et si l’on peut rire de certains cas, il ne faut tout de même pas oublier que derrière il y a une vrai souffrance, et je vous avoue que j’ai ressenti pas mal d’empathie pour certains de ces hommes.

En plus de cela, la manière dont le sujet est traité permet d’une certaine manière de le rendre accessible au plus grand nombre. Vous ne retrouverez pas de termes ou de notions compliqués incompréhensible. Au contraire et je pense que c’est important de vulgariser ce type de sujet.

Avant de lire ce manga, je ne connaissais pas du tout ce phénomène, et je ne sais absolument pas si on peut le transposer à la France, nos cultures étant tout de même pas mal différentes, d’ailleurs comme vous le verrez dans cet article, il y a certains cas qui ne peuvent qu’être propres au Japon, notamment lorsque l’on va parler d’Otaku ou d’Idole.
Bien évidemment, au delà du fait d’être « puceau », la plupart de ces hommes connaissent également d’autres troubles bien connus et dont l’explication se retrouve souvent dans l’enfance, le rejet dont ils ont pu être victime, etc…

L’autre raison pour laquelle j’ai voulu lire ce manga, c’est bien évidemment à cause des dessins de Sakurai Toshifumi que j’ai découvert via Ladyboy vs Yakuzas – L’île du désespoir ou encore Bathtub Brothers plus récemment. ( Titres que je vous conseille bien évidemment, et qui sont publié dans la collection WTF ?! de l’éditeur.)
Et ce qui m’a beaucoup fait rire à ce propos, c’est que lorsque l’on regarde ses dessins, on peut les trouver très caricaturaux, mais il se trouve que dans le manga l’on retrouve une photo d’un des protagoniste et il ressemble vraiment au dessin qui est fait de lui.
En tout cas je trouve que c’est un très bon choix que d’avoir eu recourt à ce mangaka en particulier.

Venant on maintenant au manga en lui même, un manga que j’ai ÉNORMEMENT apprécié, mais ça je pense que vous l’aurez déjà compris. C’est un coup de cœur, je n’ai pas honte de le dire.
D’ailleurs vous l’aurez remarqué, mais j’utilise beaucoup moins ce terme car j’ai remarqué que son utilisation était tout de même fait à tors et à travers, dont je le réserverais dorénavant aux œuvres qui ont réellement suscité quelque chose chez moi de l’ordre de l’émotion.

Déjà pour commencer, dès les premières pages l’on retrouve une citation de mon philosophe préféré, issu de l’un de mes livres préférés, autant vous dire que pour moi c’est déjà gage de quelque chose de qualitatif. (Quoi que Nietzsche peut être cité à tort et à travers).

« Chez quelques-uns la chasteté est une vertu, mais chez beaucoup d’autres elle est presque un vice. » – Friedrich Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra

Mais avant toute chose, qu’est ce qu’un puceau tardif ? Voilà comment l’auteur le défini dès le début du manga :
« L’appellation « puceaux tardifs » désigne ici certains hommes célibataires, âgés de plus de trente ans et n’ayant jamais eu de relations sexuelles. Psychologiquement immatures, ils cultivent secrètement une vision puérile des femmes.
Lorsqu’ils atteignent la quarantaine sans avoir évolué sur le plan psychique, ni s’être adapté à la vie en société, ils s’accrochent à leurs fantasmes avec d’autant plus de ténacité et se persuadent qu’une jeune fille charmante aux traits angéliques et en tout point conforme à leur idéale féminin finira par apparaître dans leur vie comme par enchantement, et qu’elle les acceptera tels qu’ils sont. »

Le manga est découpé en 8 chapitres dont 7 correspondent à chacun des 8 cas que l’on retrouve sur la couverture.

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Chacun des cas des différent et présente des problématique différentes, mais ils sont également des points communs que l’on pourra découvrir au fil de notre lecture.
Nous retrouvons à chaque fois une partie « manga », et ensuite une chronique rédigé où l’auteur revient sur sa rencontre avec le protagoniste de son histoire, ce qui est intéressant car cela permet de bien comprendre le contexte.

Je pourrais revenir en détail sur chacun des personnages, mais je pense que le plus intéressant pour vous est aussi de lire et de découvrir par vous même leurs histoires, ponctuées parfois de moments amusant, mais souvent assez tragique, voir même triste.

Il est intéressant de constater que le phénomène touche absolument tous les milieux sociaux, et il n’y a pas un type de puceaux tardifs, mais plusieurs. C’est aussi pour cela que l’auteurs à mené des interview un peu partout et à la fin du tome il avouera lui même ne pas encore en avoir fait le tour, le sujet méritant d’être creusé davantage.
Certains ont fait de hautes études, d’autres ont abandonné le lycée très rapidement, ils peuvent exercer des professions survalorisé par la société comme auxiliaire de vie, ou bien vivre de petits boulots voir même être employé de grandes entreprises. Dans tous les cas, leur condition à des répercutions au travail.
Le cas des auxiliaires de vie est particulièrement développé ici tout simplement car l’auteur à lui même fréquenté ce milieu, et son expérience lui a laissé une trace indélébile.
Il avait d’ailleurs ouvert un centre jour pour personnes âgé, et c’est précisément là qu’il s’est rendu sans doute compte à quel point les puceaux tardifs pouvaient représenter un problème.
Ces derniers n’ayant pas souvent de bons caractères et pouvant se montrer agressifs.

Nous retrouvons également des clichés comme l’Otaku fan d’anime ou encore le fan d’idoles,il y a un homme pensant souffrir de dysphorie de genre et plus surprenant pour moi le puceau tarif issu de la fachosphère et même un acteur porno qui est sans aucun doute le cas le plus dramatique de ce manga puisqu’il a mis fin à ses jours.

J’ai trouvé personnellement le passage sur le fan d’animes et celui fan d’Idole tout à fait intéressant. En effet l’on comprend à quel point leur vision des choses est problématique, mais cela explique également pourquoi il y a tant de jeunes filles dans les mangas. La vierge devenant quelque part une déesse, tout comme l’idole vénérée.
D’ailleurs dans le cas du fan d’Idole, il n’envisage même pas d’avoir des relations sexuelles avec celle qu’il idolâtre, au contraire pour lui ce serait la souiller. Il avoue même ne pas se masturber en pensant à elles car il ne veut pas les salir.
Ce sont des individus souffrant d’une solitude extrême, souvent rejeté durant leur jeunesse et qui n’ont pas su s’inclure dans la société.

Certains sont pleinement conscient de ce qu’ils sont et des difficultés qui traverses mais d’autres présentes des personnalités tout à fait particulières et caractéristiques, allant jusqu’à la tyrannie.

Cet ouvrage n’a pas pour vocation de trouver des solutions concrète au problème, même si l’on pourra y retrouver quelques bons conseil, mais au moins il a l’intérêt de mettre en évidence un problème qui existe et qui mérite que l’on s’attarde dessus.

Bref, si le sujet vous intéresse, je ne peux que vous recommander ce titre que j’ai pris grand plaisir à lire, et même relire pour certains passage.
D’ailleurs je vous l’avoue, en écrivant cet article je me rend bien compte que je pourrais à nouveau le lire et le re relire, tant il est riche en informations.

J’espère avoir retranscrit au mieux mon engouement pour ce titre, n’hésitez pas à me laisser un commentaire pour me dire ce que vous en avez pensé.
Si il vous tente, ou si vous l’avez déjà lu.

Je vous invite à suivre les éditions Akata sur les réseaux sociaux…

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Si vous avez des questions à me poser je suis à votre disposition.

CatZ

4 réflexions sur “La Virginité passé 30 ans – Souffrances et désirs au quotidien

  1. Je ne sais pas si je le lirais un jour mais effectivement je trouve ça intéressant, et bien loin de l’image qu’on peut avoir de prime abord ! j’avais vu un reportage une fois à la tv j’avais été surprise de tout ce qu’on y apprenait

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    • Oui, c’est un sujet intéressant, et l’auteur reconnaît ne pas encore en avoir fait le tour et aimerait interviewer encore d’autres hommes. C’est un vrai problème au Japon, alors certes cela ne nous concerne pas forcément en France, mais pour ma part je trouve que ça reste intéressant.

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