La Peste

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Année : 2020
Catégorie : Seinen
Genre : Drame
Dessinateur : Ryōta KURUMADO
Scénariste : Ryōta KURUMADO
Date de parution : 23/09/2021
Éditeur : Michel Lafon
Nb volumes VO : 4 ( En cours )
Nb volumes VF : 2 ( En cours )

Avis : Tome 1 / Tome 2 / Tome 3 / Tome 4

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Résumé du premier tome :
Oran, années 1940. De plus en plus de rats sont retrouvés morts dans les rues, semant la confusion chez les habitants. Une situation qui inquiète le jeune docteur Bernard Rieux et où l’indécision pourrait avoir des conséquences terribles.

Extrait tome 1 : https://actualitte.com/extraits/11450/la-peste-tome-1-ryota-kurumado
Extrait tome 2 : https://actualitte.com/extraits/11451/la-peste-tome-2-ryota-kurumado

Quand l’éditeur m’a contacté pour me proposer de découvrir cette adaptation je dois avouer que j’ai été très touché.
D’ailleurs je ne savais pas du tout que les éditions Michel Lafon avait à leur catalogue des mangas.
Et pourtant c’est bel et bien le cas même si cela reste « timide » mais je trouve personnellement que c’est une bonne nouvelle car c’est important que le Manga ne soit pas dénigré comme il peut l’être encore pas mal de nos jours. Si si, je vous assure… quand je vois parfois la façon dont on m’écris, je peux vous assurer que pour beaucoup de gens il s’agit encore de quelque chose soit limité aux plus jeunes, soit on passe carrément du côté « porno ». Bref…
Et bien non !!! Au même titres que dans les romans nous avons de la philosophie, de la tragédie, de la romance et j’en passe, les mangas eux aussi abordent tout un tas de sujets, sous différents angles et pour différents publics.

Lorsque l’on observe les tomes l’on remarque qu’au dessus de « Michel Lafon » il est noté « Kazoku », et pour cause, il s’agit tout simplement du nouveau label de l’éditeur consacré aux mangas.
Pour en savoir un peu plus, je vous invite à lire un excellent article sur le site ActuaLitté : https://actualitte.com/article/102297/interviews/la-peste-d-apres-albert-camus-inaugure-kazoku-label-manga-chez-michel-lafon
Vous y apprendrez également quels seront les prochains titres à venir de l’éditeur à savoir :  » La Lame de la Rébellion » de Tarou Tsubaki et Hellfire messenger de Satou et Morinari Miyagi

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Ici avec « La Peste » nous somme sur quelque chose que j’apprécie tout particulièrement, à savoir les « adaptations » d’œuvres littéraires.
Qui ne connais pas le Roman d’Albert Camus ? Ou du moins qui n’en a jamais entendu parler ?
Parce que oui, justement, je vous avoue que avant d’avoir connaissance de cette adaptation, je n’avais jamais lu le roman. J’ai même un peu honte de l’avouer.
Je suis quelqu’un qui lit quand même pas mal, ou qui lisait pas mal de romans ( aujourd’hui c’est vrai que je me concentre tout de même essentiellement sur les mangas ), et je ne sais pas pourquoi ce dernier n’était pas passé entre mes mains. Peut être car je me faisais une idée erroné de l’histoire, la plaçant notamment plutôt vers le moyen âge hors ce n’est pas forcément une période historique qui m’intéresse… Ou bien tout simplement car j’étais alors centré sur des ouvrages philosophique ou de fantasy.
Et maintenant que je l’ai lu, je peux dire que j’ai vraiment adoré ce roman, si bien que je comprend parfaitement qu’il a pu recevoir le prix des Critiques lors de sa sortie en 1947.
Les adaptations permettent d’après moi plusieurs choses. Non seulement elles permettent de mettre en avant une œuvre et pourquoi pas de donner envie aux lecteurs de la découvrir, mais elles permettent aussi de rendre une œuvre plus accessible, notamment pour les plus jeunes qui pourraient ne pas vouloir se lancer dans la lecture d’un roman. Personnellement pour moi il n’y a pas de « bon » ou de « mauvais » support, l’important étant simplement de lire… car la lecture permet une évasion que l’on ne retrouve nulle part ailleurs, elle nous instruit, et fait part intégrante de l’éducation.
L’important n’est pas forcément la « forme », mais bel et bien le « fond » et si ce dernier ressort d’une adaptation, et bien n’est-ce pas là ce qui prime ? Le lecteur du manga pourra alors se poser les mêmes questions que le lecteur du roman.

Je n’ai pas beaucoup d’informations concernant le mangaka qui se trouve derrière cette adaptation, il s’agit de Ryota Kurumado dont on sait qu’il a été diplômé récemment de la prestigieuse faculté de manga de l’université Kyoto Seika.
Je ne sais pas du tout si il s’agit de son premier manga ou non, je n’ai pas trouvé d’autres tires sur les sites que j’utilise pour mes recherches, cependant sur manga news il est noté qu’il serait l’auteur de deux séries au Japon. J’avoue ne rien avoir trouvé à ce sujet.
Dans le manga nous ne retrouvons pas de note de l’auteur, c’est pour moi quelque chose qui manque. En effet, j’aurais apprécier avoir quelques mots de ce dernier, notamment savoir pourquoi il a choisi ce roman en particulier. Car hormis le fait que Albert Camus soit un prix Nobel de la littérature, il faut aussi savoir que le contexte actuel fait que « La Peste » est clairement un très bon choix de titre à adapté.
En effet, et à ma grande surprise, l’on retrouve tout un tas d’éléments rappelant ce que nous avons pu vivre dernièrement à cause du Coronavirus. C’est important, car quelque part cette œuvre paraît même « visionnaire », et rien que pour ce point je trouve qu’il est intéressant de la lire.
Nous retrouvons une ville mise en quarantaine, des gens coupés de leurs familles du jour au lendemain, des commerces qui commencent à fermer, des pénuries qui prennent place, etc…Et bien évidemment la crainte de mourir. La seule différence au final c’est que contrairement à ce qui s’est passé en France avec la fermeture des bars et restaurants, ici cela reste un peu le dernier lieu de vie qu’ont les gens… Après il s’agit surtout de quelque chose pour les plus riches, bien évidemment… Car l’écart entre pauvre et riche a eu tendance à s’accentuer dans l’histoire, notamment à cause de la pénurie des produits… Le journaliste me fait beaucoup penser à tous les gens hors de la France qui ne pouvaient pas rentrer de suite et qui se retrouvaient dans d’autres pays lors du début de la crise que nous avons vécu.

L’adaptation est très habillement réalisé, j’ai lu les mangas juste après avoir lu le roman et je dois dire que mis à part certains détails, tout collait parfaitement. J’avais comme l’impression d’avoir l’illustration de ce que j’avais pu lire.
Et ce n’est pas forcément un exercice évident que de savoir quoi sélectionner, quel passage important mettre en avant car bien évidemment dans un manga le mangaka sera plus limité.
De plus, gros point positif, nous avons un récapitulatif des personnages au début du tome 2, et ça vous le savez maintenant c’est quelque chose que j’apprécie énormément. Non pas qu’il y est tellement de personnages que cela dans cette histoire, lorsque l’on lit beaucoup il reste difficile de tout retenir.

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Le manga est annoncé en 4 tomes par l’éditeur. Pour ceux qui auraient lu le roman sachez par exemple que le tome 1 du manga reprend tout simplement le premier Chapitre du roman. C’est finalement très intéressant comme approche je trouve, et l’on y retrouve d’ailleurs des passages qui reprennent clairement ce qui est écrit dans le livre.
Pour ma part la seule différence notoire que j’ai pu constater dans le premier tome c’est les raisons pour lesquels le journaliste rencontre le docteur Bernard Rieux, à savoir le personnage principal de l’histoire. En effet dans le roman, Rambert est là pour enquêter sur les conditions de vie des Arabes et veux des renseignements sur leur état sanitaire, c’est lors de sa discussion avec Rieux que ce dernier évoque le fait que les rats seraient un sujet intéressant. Dans le manga, Rambert aborde directement le sujet des rats. Maintenant il y en a sans doute d’autres, mais celle là j’avoue l’avoir relevé.
Pour moi chacun des personnages correspondait parfaitement à l’idée que j’avais pu m’en faire, et quelque part cela m’a même permis de mettre un visage sur des noms ce qui est très appréciable.
D’ailleurs,je tiens à souligner que les personnages se différencient assez aisément comme vous pouvez le voir sur l’image ci-dessus, ce qui n’est pas toujours le cas.
Le tome 2 quand à lui pourrait à peu près correspondre au chapitre deux avec plusieurs libertés, nous retrouvons les volontaires qui comptent luter contre la peste et un passage qui ne semble pas être dans le livre mais qui servira sans doute pour faire le lien avec le chapitre suivant. Tout ce qui est important et compte dans l’histoire est bien présent, notamment le passage du prêtre qui personnellement me fait froid dans le dos.

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Concernant le côté graphique de l’œuvre, c’est peut être ce qui m’a le moins convaincu. Alors attention, je ne dis pas que je n’aime pas, mais ne vous attendez pas à une adaptation digne de Gou Tanabe.
L’auteur à son propre style, ce qui est agréable mais je trouve que mis à part certaines illustrations sublime, comme la double page avec les rats nous avons tout de même pas mal de fond blanc, des décors peu travaillé etc… après ce n’est pas non plus quelque chose d’indispensable, c’est évident.
Pour tout le reste, le découpage, la police etc, je trouve cela très bien.
D’ailleurs ce que je dit peut être très subjectif, en effet je sais que certains vont trouver le côté épuré très plaisant, l’on va dans le vif du sujet.
En tout cas le style graphique correspond parfaitement au caractère dramatique de l’œuvre, et ça il faut le souligner.

Pour finir, je vais m’attarder sur l’édition en elle même. En effet, nous avons le droit tout de même à des mangas de qualité que ce soit au niveau du papier ou de l’impression.
Nous retrouvons au début du tome 1 plusieurs pages en couleurs.
Les deux bénéficient d’un bandeau dont le texte est identique mais dont le code couleur est différent, rouge pour le tome 1 et bleu pour le tome 2, à voir pour la suite, mais si je regarde l’édition japonaise les tomes 3 et 4 ont une autre couleur. Ces couleurs se retrouvent sur la tranche, donc pour ceux qui aiment avoir des jaquettes de couleurs identique pour un même manga, ça ne sera pas le cas ici. ( Je dis cela car j’ai constaté qu’il y a des rangements par couleurs qui se font ).
Les illustrations choisis pour les jaquettes sont simple mais à l’image du contenu, cela va droit au but, les rats, la mort… les couvertures sont différentes, grise avec chacune une illustration que je vous laisserais découvrir en achetant le manga.
Les tomes sont au format 14,5x21cm à un prix de 9,95€.
Les rabats de la jaquettes nous présentent les auteurs, et nous avons le droit également à une citation.
A la fin nous retrouvons un spoil pour le prochain tome, ce qui nous donne bien évidemment envie de lire la suite.
Par contre comme je l’ai déjà noté, l’on ne retrouve aucune note d’auteur, analyse etc… Peut être que celles-ci viendront par la suite car c’est toujours intéressant. Même un article sur Camus et le côté très visionnaire de son œuvre.

Sincèrement c’est un manga que je vous conseil, dans l’air du temps il vous permettra aussi de découvrir ou redécouvrir un classique de la littérature.
Il est très plaisant et agréable à lire, à la porté de tout le monde, je n’ai pas spécialement de restriction d’âge à faire pour ma part.

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Tome 3

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Un troisième tome tout aussi prenant que les précédents et encore une fois habillement adapté par rapport au roman original. L’histoire va doucement suivre son cours et l’on demeure spectateur de la tragédie qui se joue…
L’on ne s’ennuie pas et je dois avouer que nous sommes face à plusieurs points importants de réflexion et nous ne pouvons pas nous empêcher de faire le parallèle avec la situation que nous vivons actuellement.
Des choses qui avant ne nous auraient peut être pas spécialement concerné prennent un tout autre sens alors que nous sommes à même de comprendre la situation.
Nos divers protagoniste sont face au pic de la maladie qui annonce en toute logique que cela devrait s’améliorer par la suite, leur laissant entrevoir l’espoir nécessaire à tout homme pour avancer.
Espoir dans un traitement également, même si ces recherches hasardeuses vont avoir quelque chose de tragique.
On y retrouve également l’importance de l’isolement, de la quarantaine qui permet de « contenir » la maladie et sans quoi elle s’exposerait au monde entier. Pour cela les équipes de volontaires s’activent autour du docteur Rieux, au risque de leur propre vie.
L’horreur de la maladie est également bien présente avec les crémations de masse devenu nécessaire car les pompes funèbre ne peuvent plus suivre.
Dans ce volume il est également question de foi avec le personnage de Paneloux dont le discours m’avait glacé le sang et qui préférera se tourner vers Dieu plutôt que vers la science.
Et enfin il est question d’évolution, de changement notamment pour le docteur Rieux qui se montre plus flexible, mettant en avant notamment que raison et amour ne vont pas forcément de paire..

Le manga étant en 4 tomes, ce tome s’ouvre à la fin sur une prochaine partie avec ce que l’on pourrait qualifier de retour à la normal. Un dernier tome qui permettra de tirer les conclusions sur cet événement, avec ses conséquences sur chacun des survivants.
Si cette lecture vous tente, n’hésitez pas…

Tome 4

Voici enfin le 4ème tome qui vient conclure cette adaptation à mon sens très réussi du roman de Camus.
Une lecture assez rapide qui se terminera sur une note d’espoir pour l’avenir tout en conservant une certaine réserve car ne l’oublions pas : « Le Bacille de la peste ne meurt ni ne disparaît jamais. »

Il sera encore une fois difficile de ne pas faire un parallèle avec ce que l’on vit actuellement, d’autant plus que nous sommes en plein dans cette période d’insouciance où l’on croit que le Covid est derrière nous.

Dans ce 4ème tome les habitants vont enfin pouvoir retourner à une vie normale, la courbe des cas diminuant, l’isolement de la ville d’Oran va enfin pouvoir prendre fin et certains vont pouvoir retrouver leurs proches comme l’enjoué Rambert.
L’on ressent clairement l’exaltation d’une liberté retrouvée bien qu’en réalité tout n’est pas encore revenu à la normale et ce tome ne sera pas sans au moins un mort ayant parfaitement accepté sa condition.
À nouveau notre bon docteur Rieux va se sentir impuissant devant la perte d’un nouvel ami, mais la vie est ainsi faite…

Grand quand à lui, est définitivement sorti d’affaire ayant vaincu la peste, une note d’espoir certaine pour l’avenir alors que l’on pensait cela impossible.
Enfin Tarou va se confier sur son passé et sur ce qui l’a conduit à tant s’investir auprès des malades quitte à risquer sa vie.

Malgré les temps difficiles partagés par chacun et les circonstances ayant conduits à des comportements illégaux, ces derniers ne seront pas pardonnés alors que certains s’en sortiront de manière honteuse sous couvert de leur profession, c’est aussi cela la dure réalité d’un retour à la normal.

Il est enfin temps pour le narrateur de poser sa plume après nous avoir retracé les faits dans sa chronique nous offrant par la même occasion un magnifique sourire ne nécessitant pas plus de mots.

Je remercie l’éditeur de m’avoir fait découvrir ce titre et je ne peux que vous inviter à découvrir à ce manga à votre tour qui malgré l’époque où se déroule le récit reste un intéressant parallèle avec la situation que nous avons connue.

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Je remercie l’éditeur pour sa confiance et je vous invite pourquoi pas à les suivre sur leurs divers réseaux sociaux, ou leur site internet : http://www.michel-lafon.fr/

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N’hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, si vous avez des questions à me poser je suis à votre disposition.
CatZ

19 réflexions sur “La Peste

  1. Je n’ai pas lu celui-ci mais je trouve important comme toi que des classiques/romans soient adaptés en mangas ! ça passe toujours bien, même du côté des parents qui parfois ne sont pas très fans des mangas, on va dire que ça permet un compromis 🙂 ça permet aussi à ceux qui n’aiment pas les romans de quand même découvrir des oeuvres importantes 🙂

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    • Je pense que rien ne remplace une oeuvre originale, donc je conseillerais toujours de lire le roman en parallèle également si l’on a apprécié le manga. C’est bien dommage que les parents ne soient pas plus ouvert d’esprit, le pire c’est qu’au départ je pensais que ça n’était que les vieux et je me rend compte que même ceux de mon âge sont cons. Mais pourquoi ? Et bien par manque de connaissances, et car ils ne s’y intéressent pas… le soucis c’est qu’aujourd’hui ne sont mis quasiment qu’en avant les shonen pure d’action, mais le monde du manga est bien plus riche que ça… L’important à mes yeux c’est un ado se questionne, s’interroge et ce peu importe le support, d’autant que les livres déjà à l’époque que nous devions lire n’avaient vraiment rien d’intéressant pour la plupart.

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