Que reste-t-il de nos rêves ?

Année : 2018
Type : Josei
Genres : Romance / Tranche de vie
Dessinateur : Yumi SUDOU
Scénariste : Yumi SUDOU
Date de parution : 22/04/2022
Éditeur : Atelier Akatombo
Nb volumes VO : 2 (Terminé)
Nb volumes VF : 2 (Terminé)

Je remercie bien évidemment l’éditeur pour l’envois de ce SP qui m’a permis de découvrir ce manga qui me tentait énormément.
Parce que oui, déjà à la découverte du résumé alors que je m’occupais de mon article des sorties de la semaine, j’étais tombée sous le charme de ces deux volumes et ensuite lorsque j’ai vu des avis positifs le concernant il ne m’en a fallu pas plus pour me convaincre et j’espère qu’à votre tour vous vous laisserez happer par cette belle histoire d’amour dramatique entre femmes, ponctuée de non dit et de choix bons ou mauvais, dans un Japon d’une autre époque avec des mœurs différentes d’aujourd’hui.

Présentation de l’éditeur :


Kyoko est à l’automne de sa vie.
Elle peine parfois à reconnaître les siens. Pourtant, un jour, quelqu’un dont elle se souvient parfaitement lui rend visite. Il s’agit de Mitsu, avec laquelle Kiyoko a vécu une histoire d’amour. Juste après la guerre, lorsqu’elles étaient adolescentes, cette passion a failli leur faire commettre l’irréparable.
La tragédie et les aléas de l’existence les auront certes séparées – malgré des rencontres épisodiques –, mais la magie du récit permettra de remonter le temps jusqu’à ces instants où elles n’envisageaient pas de vivre l’une sans l’autre.

Un récit touchant et délicat, qui nous éclaire quant à la situation des femmes dans la structure sociale et économique du Japon.
(Source : https://atelier-akatombo.com/que-reste-t-il-de-nos-reves-tome-1)

Revenons un peu à la maison d’édition Atelier Akatombo qui est une maison d’édition récente spécialisée dans la traduction d’ouvrages japonais.


Son logo n’est autre qu’une libellule et nous retrouvons l’explication de ce choix que je trouve très poétique dans la présentation de la maison d’édition sur leur page internet (ici) et que je vous invite à lire avec le plus grand intérêt.
Une explication est également donnée sur le rabat de la jaquette des mangas : « Au Japon, akatambo, la « libellule rouge », élégante et vive, naît en octobre, période où la douceur des températures et de la lumière incite à s’accorder de bons moments, un livre à la main ».

J’apprécie beaucoup leur démarche de partage afin de nous faire découvrir à nous lecteurs curieux de la culture japonaise, des ouvrages qui sont peu ou pas traduits.
« Nous avons souhaité offrir un voyage aux lecteurs francophones en leur proposant les traductions de certains de ces ouvrages. Si mille excursions sont depuis longtemps offertes au public, aussi bien dans le domaine de la mode ou du manga, voire de l’électronique ou de la gastronomie, il en existait finalement peu dans celui du roman de genre. »

L’on y retrouve à la fois des romans noirs et policier, de la science-fiction, des romans érotiques ou encore des entretiens et bien évidemment des mangas.
A ce jour, en plus de Que reste-t-il de nos rêves, il y a le titre Serii qui me semble très intéressant et que je pense lire prochainement, il y est question de littérature mais aussi d’une relation entre un androïde et un humain qui vivent coupée du monde suite à un événement climatique ou écologique.

La Luciole de Haruki Murakami/1984 de George Orwell où Takehito Moriizumi fait se croiser les univers de deux auteurs majeurs. Deux adaptations qui je pense doivent être intéressantes à lire.

Bref, je vous invite vraiment à découvrir leur catalogue : https://atelier-akatombo.com/

Concernant l’auteure, voici ce que nous pouvons retrouver sur la page de l’éditeur : La véritable identité de Yumi Sudō est un secret bien gardé. On sait seulement que ce pseudonyme est celui d’une trentenaire qui s’est formée dans l’atelier du mangaka Shin Takahashi. Son talent est repéré dès la publication de son premier ouvrage, Nirai kanai (Prix Shōgagukan 2012).

Je vous avoue que j’ai fait quelques petites recherches comme j’ai vraiment eu un coup de cœur pour cet ouvrage et lorsque cela arrive j’aime savoir s’il m’est possible de me procurer d’autres œuvres du mangaka. Il existe effectivement d’autres titres et j’espère qu’ils seront édités en France.

Passons maintenant à mon avis concernant le manga Que reste-t-il de nos rêves.

Cette histoire c’est avant tout l’histoire de deux femmes qui ont choisi des vies totalement différentes mais qui pour autant resteront liée à jamais.
A travers une chronologie inversée sous forme de souvenirs, nous allons les voir affronter de 1948 à 2018 diverses épreuves de la vie qui se dresseront sur leur chemin et auxquelles chacune fera face à sa manière, avec ses propres motivations. La plupart des chapitres correspondant à chaque fois à une année particulière, un âge particulier, qui marquera bien souvent un tournant pour leur avenir.
Nous allons y découvrir un Japon d’après guerre où la condition de la femme semble encore assez problématique notamment avec des mariages arrangés qui leurs laissent bien peu de libertés. Mais les mœurs sont en train d’évoluer.
Au final… que reste-t-il de nos rêves lorsque la grande faucheuse arrive ou que notre mémoire nous fait défaut ?
Nous remontons le temps à travers les souvenirs de Kyoko, non sans larmes et découvrons ce qu’elle a dû affronter, mais aussi ses jours heureux en compagnie de Mitsu son amie qu’elle a aimée plus que de raison.

Deux femmes, deux caractères différent, deux vision de la vie, deux voies différentes.

Kiyoko Itô

Au début de l’histoire, en 2018, elle nous est présentée comme une femme sénile et malade, entourée de ses proches mais semblant se sentir seule.
C’était une adolescente très entourée, qui bénéficiait ‘une certaine notoriété. Elle était ouverte aux autres et c’est d’ailleurs cela qui permis sa rencontre avec Mitsu alors que cette dernière était toujours seule.
Alors qu’elle désespère de ne pas réussir sa vie professionnelle, elle fera le choix du mariage, qui lui offrira la possibilité d’être mère, mais aussi grand-mère.
Bien qu’elle a tendance à se déprécier c’est une femme aimante qui s’occupera remarquablement de son foyer. Pour autant elle ne semble pas soumise et vie avec son temps, si bien qu’elle n’hésitera pas à divorcer.

Mitsu Sonoda

Elle nous est présentée à l’inverse de Kiyoko, comme une femme en bonne santé et encore pimpante à son âge, rien ne laissant présager sa mort.
Adolescente elle était plutôt solitaire et sa rencontre avec Kiyoko va vraiment changer la vie que l’on avait tracée pour elle.
Elle choisira de ne pas se marier et refusera même une relation avec un collègue / ami bienveillant au nom de son amour pour Kiyoko qui restera pour toujours la seule dans son cœur.
C’est une travailleuse, une battante, déterminée elle réussira à trouver un bon travail en tant qu’éditrice à Tokyo.

Leur relation est très intéressante lorsque l’on sait qu’au début Mitsu était destinée au mariage et c’est Kiyoko qui l’en avait quelque peu disuadée.
Au final c’est pourtant cette dernière qui préférera le mariage arrangé et la vie confortable. L’année 1961 marquera un tournant dans leur relation puisqu’elle tombera enceinte ce qui blessera profondément Mitsu désireuse alors de s’offrir entièrement à l’amour de sa vie.
D’ailleurs il est évident que cette dernière a beaucoup été dans le sacrifice.
Toutes deux ne partage pas la même vision de la vie et c’est quelque chose que l’on constatera au fil de notre lecture notamment par rapport à la place de l’autre.
Lorsqu’elles arrivent à la fin de leur vie, l’option de la finir ensemble était toujours possible, Mitsu parlant même de partager leur tombe ce qui a un sens très fort, mais pour Kiyoko il est trop tard…
Toujours trop tôt, ou toujours trop tard, comme si depuis le début ces deux-là se manquaient et pourtant…
Il faut dire que Kiyoko ne veut pas montrer sa faiblesse, alors que Mitsu voudrait être là pour la protéger, comme elle n’a toujours été dès le premier jour, dès l’évènement qui marquera profondément leur relation alors qu’elles envisageaient de se suicider.
Solution ultime pour échapper à un destin ne leur appartenant plus.
Un choix très triste…

Nous découvrons dans ce manga une autre époque et je trouve cela très intéressant. Il est bon de se rappeler que les droits de la femme ont su évoluer.
Le mariage arrangé était chose courante, mais chose que je ne savais pas et que j’ai appris ici c’est le poids de la place dans la fratrie au Japon.
Notamment le fait que dans les familles sans héritier masculin, la famille pouvait adopter un garçon, généralement un troisième né car n’ayant aucun droit sur l’héritage.
Mitsu était non seulement une fille, mais en plus ses deux frères n’étaient plus de ce monde… un lourd bagage à porter. Heureusement, j’ai trouvé que sa mère était conciliante.

Il n’était pas si facile que cela pour la femme de s’émanciper notamment par le travail. Les emplois spécialisés et sur le long terme étant en priorité pour les hommes car les femmes démissionnaient après le mariage.
Je pense qu’encore aujourd’hui le fait d’être une femme joue sur l’embauche, mais le fait est que certaines femmes ne veulent pas se marier et devraient pouvoir avoir accès aux mêmes postes de responsabilité que les hommes. Mitsu va se battre pour y arriver.

La fin de l’histoire, sans trop vous la dévoiler est belle et triste à la fois.
Pour ma part j’ai pleuré et je vous avoue que lorsque je l’ai raconté à Monsieur les larmes me sont revenue immédiatement.
Je pense que les femmes seront peut-être plus touchée par ce manga, après tout il est catégorisé comme Josei. Difficile de ne pas s’identifier aux personnages, du moins c’est ce que j’ai ressenti. Certes, étant une femme des années 80, je n’ai pas eu de contraintes, au contraire… Mais dans mon propre vécu j’ai tout de même eu le choix entre mère au foyer ou poursuivre mes études. Maintenant doit-on avoir des regrets pour des voies que nous n’avons pas choisies ?
Que reste-t-il de nos rêves ?
Dans le cas de Kyoko et Mitsu, je dirais que l’amour véritable dans ce qu’il a de plus pur reste éternel.

Un petit mot sur l’édition en elle-même car je tiens à saluer le travail qui a été fait tant au niveau de la traduction que du reste. En effet, alors que ce manga ne compte que deux tomes, l’on retrouve au début du second tome un récapitulatif avec une présentation des personnages.
Et je peux vous dire que c’est quelque chose que je trouve toujours très appréciable.
De plus, nous avons diverses annotations qui nous permettent d’en savoir plus et de comprendre mieux à chaque fois le contexte de l’histoire.
L’on ressent clairement la passion et le désir de transmettre.

Bref, pour conclure, c’est un manga que je conseille vraiment, pour moi c’est un coup de cœur.
J’espère très sincèrement pouvoir découvrir à l’avenir d’autres ouvrages de cette auteure car elle a su me toucher.

Je vous invite à suivre Atelier Akatombo sur les réseaux.

04 01 03 02

N’hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, si vous avez des questions à me poser je suis à votre disposition.CatZ

10 réflexions sur “Que reste-t-il de nos rêves ?

  1. Hello,
    L’histoire semble très intéressante en plus d’être émouvante. Mais ce qui me plait tout particulièrement, c’est de découvrir comment vivait les femmes à cette époque, leur position dans la société et la famille, chose qui est visiblement bien décrit dans cette histoire.
    Merci pour ton retour
    Belle fin de journée

    J’aime

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