Boys Run The Riot

 

Année : 2020
Catégorie : Seinen
Genres : Drame / Psychologique / Tranche de vie
Dessinateur : Keito GAKU
Scénariste : Keito GAKU
Dates de parution : 31/03/2022 (Tome 1); 12/05/2022 (Tome 2)
Éditeur : Akata
Nb volumes VO : 4 (Terminé)
Nb volumes VF : 1 (En cours)

Avis : Tome 1 / Tome 2

Un manga que j’avais hâte de découvrir, il faut dire qu’en général je fais entièrement confiance cet éditeur même si dernièrement il m’a déçu pour certaines raisons. Il n’en demeure pas moins que ses choix éditoriaux sont toujours très pertinents, et je trouve que de nos jours il est important que l’on se tourne aussi vers les différences et vers l’acceptation de ces dernières.
En plus de cela il s’agit d’une série courte puisqu’elle ne comporte que 4 tomes !

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Voilà la présentation que l’on retrouve au dos du manga :
Ryo, assigné femme à la naissance, se sent mal dans son corps et l’identité de genre qu’on cherche à lui imposer. Refusant de porter son uniforme de fille, il essaie autant que possible de se rendre au lycée en tenue de sport. Mais quand un nouvel élève débarque, son destin change ! Malgré le look de « voyou » de ce dernier, ils découvrent qu’ils partagent la même passion pour la mode. Aussi, passé un premier contact difficile, ils décident tous les deux de se lancer dans un grand projet : créer, ensemble, une marque de vêtements avec pour rêve et revendication de pouvoir s’affirmer et s’exprimer en dehors des diktats de la société !

Keito Gaku, artiste transgenre, met en scène dans Boys Run The Riot l’histoire d’amitié de deux adolescents qui ne se sentent pas en phase avec les normes étouffantes de la société. Laissez-vous embarquer par la fougue de ces jeunes en quête de liberté !

Voici un extrait : http://www.akazoom.fr/boys-run-the-riot-t1

Comme vous le savez maintenant, avant de donner mon avis, j’aime m’intéresser un peu à l’auteur du manga que j’ai entre les mains. Et cela tombe bien, car sur le site de l’éditeur, l’on retrouve une petite présentation très intéressante.

« Keito Gaku, homme trans, commence sa carrière de mangaka en remportant le Prix Espoir (section « Jeune ») du 77e prix Chiba Tetsuya.

Lecteur de mangas depuis l’enfance, il a toujours rêvé de devenir dessinateur. Mais détourné de sa passion du dessin par celle du basket, lors de ses jeunes années, ce n’est que dans la vingtaine qu’il reprend les stylos. Il réfléchit alors sur la meilleure manière de faire ses débuts, et décide alors d’aborder un sujet qui lui est proche : la transidentité. C’est ainsi que naît Boys Run the Riot, qui se fait très vite remarquer, y compris en dehors du Japon. Aux Etats-Unis, sa première série est sélectionnée en 2021, dans la catégorie « Meilleur Manga » des Harvey Award. Elle figure également dans le top 10 des mangas de 2021, réalisé par le « School Library Journal ». »
(Source : https://www.akata.fr/auteurs/gaku-keito)

L’on apprend également qu’il dispose d’un compte Instagram  et Twitter.

Voici à présent mon avis :
Tome 1

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Il s’agit d’un manga dont la thématique m’a bien évidemment intéressé parce que moi même je ne me suis jamais vraiment sentie fille à 100%. Et j’avoue que si j’étais de la génération actuelle, je pense que j’aurais aimé me définir comme « neutre ».
Maintenant cela reste quelque chose de très difficile à exprimer, et je sais que même Cyril ne comprend pas tout.
De plus c’est vrai qu’actuellement l’on pourrait se demander s’il n’y a pas un phénomène de mode concernant tout cela, et qui par certains aspects pourrait être contre-productif à la cause. Mais là, ce n’est que mon opinion.

Pourquoi je note cela ? Et bien justement car je trouve que ce manga est très bien écrit, et à mon sens il délivre un message tout à fait positif et quelque part universel pour toutes celles et ceux qui n’osent pas s’exprimer tels qu’ils sont et ce pour n’importe quelles raisons.
En effet, nous ne retrouvons pas que des personnages avec une problématique de genre, mais également des marginaux de la société, des oppressés, bref, ceux qui subissent en silence leur sort sans oser s’exprimer.
A travers la mode et plus particulièrement la création de T-Shirts, Ryo et ses camarades vont se montrer tels qu’ils sont et faire en sorte que leur message se fasse entendre sans violence.

Le sujet est pour moi maîtrisé du début à la fin, et le fait que l’auteur soit lui-même un homme transgenre, a je pense son importance. D’ailleurs j’aurais aimé pouvoir y trouver une postface afin de savoir si cet œuvre à quelque chose d’autobiographique. J’estime être en droit de me poser la question car en lisant sa bio j’ai vu qu’il avait fait du basket, étrangement comme Ryo.

Comme je l’ai noté plus haut, il s’agit d’une série en 4 tomes, génial pour ceux qui comme moi apprécient les séries courtes et pour ma part j’ai hâte de découvrir la suite car, cela me semble un peu plus triste que ce premier volume, nous retrouvons en effet la phrase suivante : «Est-ce qu’ils comprennent vraiment ces trois-à, que vivre libre, ça veut dire renoncer à certaines choses ?».

Tome 2

Un second tome tout aussi sympa que le précédent qui me conforte dans mon idée selon laquelle le sujet est maîtrisé à 100%.

Nous retrouvons notre petit groupe d’amis bien décidé a faire connaître leur marque de vêtements qui vont se retrouver face à la dure réalité alors qu’ils souhaitent simplement promouvoir leur T-Shirt auprès d’une grande enseigne.
L’accueil qui leur est réservé est plutôt froid et ils comprennent qu’en tant que lycéens, les choses ne leur couleront pas toutes cuites dans le bec.
Ils vont devoir bosser pour développer leur marque et gagner de l’argent car les coûts de fabrication sont élevés.
A côté de cela ils vont faire la connaissance de Wing, un jeune youtubeur populaire qui possède une chaîne où il est question de make up, de modes et de questions lgbtq qui n’est autre que le cousin d’un de leur camarade de classe : Yutaka Kashiwabara et qui est aussi leur tout premier client.
Grâce au soutiens de ce dernier qui va prendre en charge toute la partie branding et leur faire de la pub via les réseaux, la marque est prête à décoller…
Mais… Wing va faire une bourde et nous allons pouvoir en découvrir les conséquences dans le tome suivant.

Ryo va dont se retrouver confronté au difficile monde du travail et les différents problèmes que cela peut poser lorsque l’on est un garçon dans un corps de fille.
En effet, Ryo veut être lui-même, et lorsqu’il s’agit de remplir le CV les premiers ennuis commencent avec la fameuse case F ou M.
Difficile de se faire entendre, de se faire comprendre. Dans sa démarche il commence par vouloir totalement s’affirmer en tant que garçon, mais cela va très vite poser des problèmes pour des raisons assez banales tel que les toilettes, les vestiaires, vestimentaire.
C’est intéressant car Ryo évolue sur cette question et fini par trouver un poste qui lui convient en acceptant de s’asseoir sur ses envies de s’affirmer.
Et malgré que tout se passe très bien, il va comprendre que sa difficulté d’en parler va poser des problèmes bien malgré lui car la perception qu’on les autres n’est pas la sienne.
Mais Ryo est quelqu’un qui ne va pas lâcher l’affaire et son combat pour se faire accepter en tant que « garçon » comme un autre auprès de ses collègues et très intéressant.

Nous allons également découvrir une autre problématique avec une erreur que peuvent faire beaucoup de gens et que d’ailleurs va faire Ryo à savoir la différence entre les genres et les attirances amoureuses. C’est Wing qui va essayer de lui faire comprendre que ce sont là deux choses complètement différentes. Il lui fait comprendre qu’au final c’est Ryo lui-même qui se fixe des limites et que rien ne l’empêche de sortir avec un garçon si il le souhaite, cela ne changera pas son genre.
Mais Ryo sait parfaitement qu’il aime les filles, une fille même en particulier, mais saura t-il lui avouer ses sentiments ? Alors que cette dernière qui lui est pourtant proche ignore tout de sa problématique de genre ?

Enfin, à la fin du tome nous retrouvons plusieurs pages Bonus concernant les explications au niveau de la traduction du manga lorsque Ryo parle de lui-même ou que les autres parlent de lui, ainsi que pour le personnage de Wing qui est ambigu. En effet, le japonais et le français ne fonctionnent pas pareil sur ce point. Alors qu’en français nous avons deux genres grammaticaux, en japonais beaucoup de phrases ne comportent pas de sujet, du coup on ne sait pas forcément le genre de la personne, par contre il y a certains mots qui dépendent du genre.
La traductrice à donc fait les choix qui lui paraissaient le plus judicieux, c’est très intéressant car cela nous montre à quel point que ce soit en France ou au Japon, il existe une problématique concernant le genre et la langue.

Bref, j’ai vraiment apprécié ce second volume et j’attends la suite avec impatience. Il est très intéressant de voir les problématiques auxquelles se retrouvent confrontés Ryo, mais également le travail qu’il doit faire sur lui-même pour avancer.
Il est important d’ouvrir les consciences à cette problématique du genre qui est loin d’être évidente, que ce soit pour la personne qui la vie, mais aussi pour l’entourage. J’ai beaucoup apprécié la façon dont on perçois la réaction de Ryo lorsqu’il cherche du travail, les patrons ne sont pas forcément « fermé » à ses demandes, mais chacun doit faire des efforts pour avancer. Ryo au départ se braque un peu trop rapidement et le comprend, puis il va arriver à trouver sa place.
Pour moi ce manga pointe véritablement du doigt là où se situent les problématiques, il faut dire que l’auteur sait bien évidemment de quoi il parle et je pense que cela peut aider les autres.
C’est un manga qui à mon sens mérite d’être lu, d’être partagé, parce que la cause est grande.

Que pensez-vous de ce type de sujet ?

A bientôt pour la suite, le deuxième tome est annoncé sur le site de l’éditeur pour le mois prochain.

Les tomes :

LocalImageExists (12) Sans titre 1

Je vous invite à suivre les éditions Akata sur les réseaux sociaux…

04 01 03 02

Si vous avez des questions à me poser je suis à votre disposition.

CatZ

15 réflexions sur “Boys Run The Riot

  1. Une belle gageure éditoriale et un résultat archi solide ! On ne dirait pas que c’est une première œuvre au niveau formel et le fait bd est excellent vu que l’auteur sait de quoi il parle. J’ai peur aimé. Je prépare juste mon cœur à la suite 😅

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  2. Coucou, c’est un sujet actuelle puisque de plus en plus de jeunes se posent la question de l’identité. Le support « manga » est un excellent moyen d’aborder le sujet.

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