Anthologie – 17-21 / 22-26

Catégorie : Shonen
Genre : Histoires courtes
Dessinateur : Tatsuki FUJIMOTO
Scénariste : Tatsuki FUJIMOTO
Éditeur : Kazé

Pour commencer je tiens à remercier Kazé pour l’envoi de ces tomes en service presse.
Comme vous le savez je pense, je fais partie de celles et ceux ayant énormément apprécié Look Back précédemment publié chez l’éditeur alors que je n’ai pas lu le reste de l’oeuvre de l’auteur.

J’avais envie de découvrir cette anthologie en deux volumes, car je pense qu’il est toujours intéressant de se pencher sur un auteur à travers ses œuvres précédentes. Cela permet d’avoir une vision globale.
A mes yeux c’est une chance énormes que de pouvoir lire ces recueils d’histoires courtes que l’auteur ne voulait pas publier à la base car écrire des commentaires le gonflait. Bien évidemment il a changé d’avis par la suite.
En plus de cela à la fin à la fin du tome l’on retrouve une note de l’auteur très importante et qui permet d’aborder Look Back sous un autre angle. En effet, l’on comprend à quel point ce titre est autobiographique et c’est clairement ce qui me manquait. Merci.

Voici les présentation de l’éditeur :.

Anthologie 17-21
Avant de publier en 2016 sa première série régulière, Fire Punch, puis de connaître un succès croissant avec Chainsaw Man, Tatsuki Fujimoto a dessiné de nombreuses histoires courtes et ce, dès l’âge de 17 ans. Longtemps réticent à les voir ressortir, il accepte finalement qu’elles soient rassemblées pour être publiées à l’automne 2021, peu après la sortie en librairie au Japon de son récit Look Back.

Anthologie 22-26
Dans la continuité de 17-21, découvrez de nouvelles histoires courtes dessinées entre ses 22 et 26 ans par le génial Tatsuki Fujimoto, l’auteur de Chainsaw Man ! Ambiance kafkaïenne, légèreté d’un quotidien glissant dans le surnaturel, exploration de la frontière entre sexualité et violence, fascination et répulsion… Ici, le style du mangaka s’affine pour composer des récits poignants où le drame menace d’éclater sur chaque planche. Autant de nouvelles dans lesquelles se cachent les bourgeons de chefs-d’oeuvre à venir !

Dois-t-on encore présenter cet auteur ? Je pense que oui.
Déjà, ce qui me surprend le plus c’est que Tatsuki Fujimoto est encore tout jeune puisqu’il est né en 1993.
C’est un auteur que le grand public connaît avant tout pour Fire Punch et Chainsaw Man qui ont rencontré un grand succès.

D’après ce que l’on peut lire sur wikipédia, il a suivi les cours de peintures de ses grands-parents où il a notamment travaillé la peinture à l’huile avant d’être diplôme en peinture occidentale l’Université d’art et de design du Tōhoku de Yamagata.
À ses débuts il a publié pas mal de One-Shot et c’est justement ces derniers que l’on retrouve à travers ces deux anthologies.
En parallèle il débutera aussi son premier manga long à savoir Fire Punch puis ce sera le tour de Chainsaw Man.


Puis il publiera Look Back en 2021 que j’ai énormément apprécié, Sayonara Eri en 2022 qui j’espère sera édité en France car le sujet me paraît très intéressant.

Je vous avoue que je n’ai pas spécialement envie de lire Fire Punch ou Chainsaw Man car le scénario ne me parle pas plus que cela, mais je pense qu’il serait tout de même intéressant pour moi de le faire à l’occasion.
Disons que je suis assez curieuse et que je me pose pas mal de questions à propos de l’auteur, notamment car il semblerait tout de même que Look Back est un peu autobiographique et si l’auteur n’a pas toujours exactement dessiné ce qu’il voulait pour pouvoir manger et payer son matériel, je m’interroge donc sur ce qu’il aime réellement proposer comme œuvre.
Personnellement j’ai vraiment apprécié Look Back alors que beaucoup n’ont pas accroché, et ces ici aussi le cas pour ces histoires courtes. Certaines sont bien évidemment plus profondes que d’autres, mais parfois je décèle vraiment ce que j’appelle le génie.
Il me semble être un mangaka terriblement prometteur.

Voici à présent mon avis sur ces deux tomes, j’ai choisi de m’arrêter sur chacune des 4 histoires composant ces volumes et j’espère que cette présentation vous plaira.
J’ai beaucoup apprécié la construction de ces deux volumes où après chaque histoire l’on retrouve un commentaire de l’auteur qui la replace dans son contexte. Je trouve que cela nous permet véritablement d’en apprendre un peu plus sur lui.
Je suis vraiment contente d’avoir que l’on nous offre la chance de découvrir son travail de cette manière car c’est très appréciable.

Anthologie 17-21

Deux Poules au fond du Jardin

Tatsuki Fujimoto a écrit cette histoire alors qu’il attendait d’entrer à l’université. Il s’agit là de sa première expérience dans la conception de planches finalisées.
Il mentionne également le fait d’avoir encré directement ses crayonnés sans passer par l’étape du story-board ce qui lui a permis d’apprendre.

Nous avons là une histoire mettant en scène extraterrestres et humains. Elle débute alors que les humains ont déjà perdu et que l’humanité à quasiment était décimé.
Ami et Yûto se sont déguisés en poule pour échapper au carnage car certains extraterrestres ne mangent pas de poules, du coup les voilà considérés comme des animaux de compagnie pour les écolier venant d’un autre monde.
C’est amusant de voir les extraterrestre vivre comme nous, en effet ces derniers ont apprécié notre culture et finalement ont colonisé les lieux.
L’un d’entre eux, Yôhei essaye de protéger les derniers humains qui restent, mais n’est-ce pas là une cause perdu ?

La fin de l’histoire nous offre un rebondissement auquel je ne m’attendais pas spécialement.

Quand au propos je l’ai trouvé assez intéressant, car au final comment critiquer les extraterrestres qui dévorent les humains alors que nous-mêmes nous mangeons des animaux ? C’est très difficile à comprendre pour des peuples venus de l’extérieur.
Un parallèle que l’on peut faire avec nos cultures, pour certains les vaches sont sacrées, pour d’autres l’on peut manger des chats alors qu’ici ce sont des animaux de compagnies…
L’homme… est un animal comme un autre au final.

L’élève Sasaki a arrêté une balle

Nous y retrouvons un élève qui va protéger sa professeur qu’il apprécie tant d’un ancien camarade qu’elle a connu au lycée et désireux de se vanger de son comportement passé.
Sasaki, qui voit en cette adulte la réincarnation d’une déesse l’admire également pour le soutien qu’elle a pu lui apporter et le fait qu’elle croit en lui ce qui lui permettra d’aller au bout de ses rêves.

Une histoire subtile et philosophique sur le sens commun et ce qui est possible ou impossible.
« Dans ce monde, rien n’est totalement impossible… mais par paresse, la plupart des gens réduisent cette infime possibilité à zéro. »

Mais également je pense l’importance d’oser croire en ses rêves malgré les autres… et ne pas forcément aller dans la direction vers laquelle ils ont tendance à nous enfermer.
Pourquoi ne pas laisser un ado croire en sa possibilité d’être astronaute ? Certes il y a peu de change qu’il puisse y arriver, mais est-ce réellement impossible ? Pourquoi ne pas le pousser dans cette direction ? Croire en lui ? C’est important.
En effet j’y vois également l’importance du soutien, notamment d’un adulte, d’un professeur, d’un conseiller d’orientation et sa bienveillance dans la construction future d’un individu.

Sans oublier la nécessité de se projeter et d’imaginer un futur pour avoir simplement envie de vivre lorsque Sasaki va décourager l’assaillant en lui faisant entrevoir un futur possible et envisageable.

Une histoire pleine de sens et pouvoir ainsi traiter de tant de choses en si peu de pages relève pour moi du génie. Je vous avoue que cette histoire me donne vraiment envie, plus qu’une autre, de découvrir le travail de cet auteur si prometteur.

Nous apprenons qu’il s’agit ici de l’histoire préférée de l’auteur concernant ce recueil et je vous avoue que c’est aussi la mienne.
Il se confie également sur ses influences graphiques et psychologiques et les hésitations qu’il a pu connaître concernant certains éléments.

L’amour est aveugle

Une histoire assez amusante de par le fait que l’auteur s’étale et reconnaît lui-même sa difficulté à condenser une histoire. Mais je trouve pour ma part que ça fonctionne et et que cela fait sourire.
Nous y retrouvons le jeune élève Ibuki, président du conseil d’élève arrivé à la fin de son année scolaire qui est bien décidé à déclarer sa flamme à la jeune Yuri, sa seconde et unique autre membre du conseil.
Et RIEN, mais RIEN ne l’empêchera… ni les profs, ni les voyons, ni les Extra-terrestre !!!
Ce qui nous amène bien évidemment à une conclusion une chute un peu WTF mais tellement drôle.

Shikaku

La note de l’auteur concernant cette histoire est intéressante puisqu’il l’avoue l’avoir écrit en ayant de la fièvre, pour autant le résultat est là.
Il s’agit d’une histoire intéressante entre Shikaku, enfant maltraitée elle est devenue une tueuse à gage exceptionnelle, cependant elle semble manquer d’empathie envers les autres et de sentiments.
Elle va alors croiser la route d’un nouveau client, Yugel, un vampire qui s’ennuie terriblement après 3500 ans d’existence et qui aspire à la mort, mais elle lui est refusée.
Cette rencontrer va leur être bénéfique à tous les deux, en effet cette dernière va découvrir ce que sont les sentiments amoureux et lui va enfin rire…

Un vampire et une tueuse à gage, un étrange mélange vous ne trouvez pas ? Personnellement je trouve que ce serait une bonne idée de départ de scénario à développer.

Comme vous pouvez le voir nous avons bien des histoires complètement différentes, certaines étant plus légères que d’autres, mais pour autant je les trouve toutes abouties.
Certains n’apprécient pas forcément les recueils d’histoires courtes, mais je pense qu’ici il faut vraiment dans ce cas se faire violence car ce serait dommage de passer à côté.
L’auteur nous confie également qu’il était opposé au départ à l’idée de publier ces recueils d’histoires courtes, notamment à cause des commentaires qu’il lui fallait écrire. Mais aujourd’hui il voit cela comme une chance et je trouve aussi que nous sommes chanceux de découvrir son travail sous cet angle.
J’y ai découvert un auteur vraiment talentueux, et j’ai beaucoup apprécié ce premier volume.

Anthologie 22-26

La rhapsodie des sirènes

Il est étonnant de lire en note que l’auteur ne trouve rien de spécial à cette histoire, d’ailleurs il nous raconte qu’on disait sur lui qu’il n’était pas capable de créer une histoire normale.

Ici nous avons une rencontre très intéressante entre une sirène (Shiju) et un jeune homme (Toshihide).
Ce dernier, enfant métis entre une sirène et un humain a perdu sa mère et la seule chose qui semble le rapprocher de cette dernière est un piano au fond de la mer. Il passe ses journées, séchant les cours, à jouer sous l’eau jusqu’à manquer de se noyer. Et c’est pour le sauver que Shiju va aller à sa rencontre…
Les sirènes sont décrites comme dangereuses pour les humains, en effet en plus de se sentir supérieur elles peuvent nous manger et Toshihide est à la fois effrayé et sous le charme, tout comme son père autrefois. Une amitié va se créer et il apprendra à la demoiselle à jouer du piano.

Nous découvrons aussi un peuple vivant sous la mer tout comme nous, ce qui est très intéressant.
Toshihide va même se faire accepter par les sirènes grâce à la musique.
« Apprécier la beauté, vibrer sous l’émotion, ce sont des sentiments que tous les êtres partagent. »

Le syndrome de métamorphose en fille au réveil

Il s’agit d’une histoire qui a la base a été publiéa sur le web et qui ne l’a pas été dans son intégralité.
Je trouve l’idée très intéressante, car nous avons un garçon qui se réveille le matin en fille.
Sa copine avait pour habitude de le comparer à une fillette car justement il n’arrêtait pas de chouiner et le voilà effectivement sans plus rien entre les jambes.
Mais c’est cette transformation qui va le pousser à s’affirmer en tant qu’homme.

J’aurais beaucoup aimé avoir davantage d’explications concernant cette histoire en particulier et surtout savoir pourquoi un tel sujet. Alors que nous sommes de plus en plus dans un questionnement autour du genre elle démontre que ce n’est pas ce qui se trouve entre nos jambes qui va nous déterminer fille ou garçon.
C’est aussi un beau message d’amour, car peu importe ce que Toshihide est, sa petite amie Rie est toujours amoureuse de lui.
Bref, une histoire vraiment pas mal et fleur bleur.

La prophétie de Nayuta

L’auteur voulait montrer ici qu’il était capable de créer des personnages à la personnalité marquée et il avoue aimer beaucoup Nayuta.

« Un mage au crane percé de cornes verra le jour, son cœur ne sera pas humain, il parlera une langue cruelle et hermétique et un jour il anéantira le monde »

J’ai beaucoup aimé cette histoire, où nous avons une prophétie qui fait froid dans le dos et une jeune fille qui elle-même pourrait sembler effrayante. Elle ne communique par normalement, elle est capable de magie en faisant apparaître des lames et passe son temps à tuer des animaux…
Mais Kenji son frère est là pour elle, car malgré tout elle reste sa sœur, d’autant qu’en plus de cela sa mère est morte en la mettant au monde.

Il va tout faire pour la protéger et aller contre les gens qui voudraient tout simplement la tuer afin d’éviter que l’apocalypse débarque sur terre. Et si au départ il est dans l’incompréhension, il va finir par comprendre que derrière cette petite sœur se cache quelqu’un qui se soucie de lui et qui l’aime en retour.
Alors qu’il ne l’avait jamais fait auparavant il va comprendre la nécessité de la gronder et cela marquera un tournant dans cette belle relation entre un frère et une sœur.

La grande sœur de la petite sœur

Une histoire qui m’aura fait verser une petite larme car je la trouve très émouvante.
C’est une œuvre qui a servi de socle à Look Back et je me disais bien que l’on y retrouvait la thématique du lycée / de l’école d’art.

Nous y découvrons une magnifique relations entre deux sœurs, alors qu’au départ Mitsuko la grande sœur semble très agacé par sa petite sœur, elle comprend que cette dernière lui voue une admiration sans limite. Elle va donc décider d’enfin la prendre sous son ail et de lui enseigner son art.

L’histoire est assez amusante dans la situation qui y est décrite, en effet la petite sœur a remporté un prix lors d’un concours organisé par son école et son œuvre se retrouve exposée pendant un an à la vue de tous. Jusque là aucun souci, mais imaginez que l’oeuvre n’est autre qu’un nu de sa grande sœur.
Avouez que ça prête à sourire… La réaction qu’elle va avoir à la fin est très amusante, mais je ne vous en dirais pas plus.

4 histoires très intéressantes et qui malgré leur longueur sont pour moi toujours aussi abouties.
Il n’y a parfois pas besoin de plus de pages pour exprimer une émotion, un sentiment.
Je trouve que l’auteur sait parfaitement transmettre quelque chose et c’est ce que j’apprécie.
À la fin du tome, Tatsuki Fujimoto nous raconte une anecdote qui montre à quel point ce mec est barré et j’avoue que j’adore ça. Je comprends encore mieux son travail et comme pour le tome précédent, j’appelle cela du génie.

Voilà pour ces deux tomes que j’ai trouvé tout aussi intéressant l’un que l’autre et je ne pourrais très clairement pas choisir un préféré.
Je vous invite vraiment à les découvrir, car pour moi il ne faut pas passer à côté si l’on apprécie l’auteur ou si l’on veut simplement découvrir son œuvre.

Si vous les avez lus, n’hésitez pas à me noter en commentaire ce que vous en avez pensé. Quelle histoire vous a particulièrement touchée et pourquoi ?

Vous pouvez retrouver l’éditeur sur les divers réseaux sociaux.

04 01 03 02

Si vous avez des questions à me poser je suis à votre disposition.

^^
CatZ

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7 réflexions sur “Anthologie – 17-21 / 22-26

  1. Comme toi j’ai beaucoup aimé Look back, mais n’ayant pas été fan de la fin de Fire punch ni de sa seconde longue histoire, qui se répète de trop pour moi, j’étais passée à côté des recueils. Ton long avis me donne envie de réviser mon jugement, alors peut-être qu’à l’occasion je les prendrai.
    Il a quand même quelque chose pour raconter ce quotidien (ou pas) de manière incisive l’air de rien ^^

    J’aime

    • Mais tu vois, je pense presque que les séries qu’il a fait sont en fait des séries « alimentaires ». Je ne sais pas pourquoi, mais c’est une impression que j’ai, je peux me tromper. Mais je fait le rapprochement avec le personnage de Look Back. Bien évidemment il a aimer les écrire et les dessiner mais quand même avec ce côté que derrière il y a les exigences des éditeurs.

      Aimé par 1 personne

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