Zone Fantôme

Année : 2020
Catégorie : Seinen
Genre : Histoires courtes / Horreur
Dessinateur : Junji Ito
Scénariste : Junji Ito
Éditeur : Mangetsu

Tout d’abord je tiens à remercier l’éditeur pour l’envoi de ce tome, à nouveau Mangetsu nous offre ici un ouvrage de qualité que ce soit par rapport à son contenu mais également en tant qu’objet de collection, qui saura très certainement charmer les fans et curieux de l’univers d’un des maîtres de l’horreur.
En effet, côté couverture cette dernière est pelliculée en mat et dispose d’un vernis sélectif brillant qui vient faire ressortir les illustrations.
La jaquette quant à elle a été recouverte elle aussi d’un pelliculage mat, et elle est imprimée en cinq couleurs, le tout étant marqué d’un fer à dorer violet et rehaussé d’un vernis sélectif relief. Magnifique !!!

Vous le savez, il ne s’agit pas du premier ouvrage de l’auteur que nous publie l’éditeur et vous avez sans doute déjà pu lire mes avis concernant les précédents titres même si tout n’est pas su le blog à ce jour.
Le premier n’était autre que Tomie, un titre coup de cœur pour moi depuis de nombreuses années dont vous pouvez découvrir ma présentation ici. N’hésitez pas à y jeter un œil si cela vous y intéresse, j’y ai un peu plus développé ce que l’on retrouvera dans chacun des tomes de la collection à savoir :
→ Une direction artistique commune qui nous permet d’avoir visuellement quelque chose de très sympathique dans notre bibliothèque.
→ Une nouvelle traduction ainsi que des onomatopées sous titrés en français.
→ Une analyse complète de Morolian, spécialiste francophone de l’auteur ainsi qu’une préface de différents invités.

Personnellement je trouve que c’est réellement une très belle collection et ce serait vraiment dommage de passer à côté si l’auteur vous intéresse.
Disposant pour certains de ces mangas d’autres éditions, c’est bien en ayant établi une comparaison que je peux vous dire que pour moi il s’agit de la meilleure édition parue à ce jour.
Vous pouvez retrouver tous les titres parus à ce jour et à paraître directement sur le site de l’éditeur à cette adresse : https://mangetsu-manga.fr/auteurs/junji-ito/

Voici pour commencer la présentation que l’on retrouve sur le site de l’éditeur :


À la suite d’un voyage improvisé, une jeune femme est prise de sanglots incontrôlables, un internat catholique au fonctionnement obscur semble vénérer la Sainte Vierge comme une divinité à part entière, la forêt tristement célèbre pour ses suicides qui s’étend au pied du mont Fuji devient le théâtre d’un déferlement d’âmes errantes et un étudiant en droit se demande s’il ne serait pas le tueur en série qui défraie la chronique depuis plusieurs jours…

Traversez les frontières de l’étrange avec Junji Ito pour guide, dans ce premier recueil entièrement inédit.

Cette édition bénéficie d’une préface de Fausto Fasulo (Mad Movies, ATOM) d’une analyse en fin d’ouvrage par Morolian, spécialiste francophone de Junji Ito.
(Source : https://mangetsu-manga.fr/catalogue/9782382811139-zone-fantome/)

Concernant la présentation de l’auteur je ne suis pas certaine que cela soit vraiment nécessaire, mais pour ceux qui ne connaissent pas encore ce maître de l’horreur comme j’aime à l’appeler, je me permets de vous retranscrire la petite biographie que l’on retrouve sur le rebat de la jaquette de chacun des titres de la collection.

 

« Maître incontesté de l’horreur mondiale, Junji Ito est également l’un des plus grands mangakas de tous les temps.

Né en 1963 dans la préfecture de Gifu, il se destine au métier de dentiste et réalise son premier chef-d’oeuvre « Tomie », en parallèle de sa vie au cabinet.

Inspiré par ses contemporains Kazuo Umezu et Stephen King, il se décide finalement à devenir mangaka à plein temps et enchaîne les histoires plus marquantes et plus variée les unes que les autres, et est toujours en activité à ce jour après plus de 30 ans de carrière.

Unanimement reconnu comme le porte-drapeau de l’horreur à la japonaise, il bénéficie de l’intérêt tout particulier d’un nouveau public, plus jeune, désireux de découvrir l’univers complexe et profondément unique de celui qui se réclame de géants tels que Howard Philips Lovecraft.

Adapté à de très nombreuses reprises en animation et en prises de vue réelle, Junji tio est bien plus qu’un phénomène, il est l’horreur totale ».

Vous noterez qu’à travers ces quelques lignes l’on ressent clairement toute l’admiration qui s’en dégage.

Mais voici sans plus tarder mon avis sur ce recueil composé de 4 nouvelles :

→ Le coteau aux pleureuses

Un jeune couple qui doit se marier décide de faire un voyage avant le mariage, ils vont se retrouver par hasard dans un enterrement ayant lieu dans un petit village et leur rencontre avec une pleureuse va changer le destin de la demoiselle à jamais.

L’auteur nous avoue que cette histoire avait été imaginée à la manière d’une chanson d’enka qui est une ballade musicale aux thématiques mélancoliques récurrentes dont l’essor date des années 50. La femme y avait les joues creusées par les larmes à force de pleurer  et ces marques étaient surnommées « la voie des larmes » par son entourage.
Je trouve cela très poétique même si l’histoire en elle-même l’est beaucoup moins. Je vous avoue que j’ai trouvé cela intéressant que Junji Ito aborde le sujet des pleureuses car on ne le retrouve pas souvent et je vous avoue que la première fois que j’ai vu cela c’était via un film d’horreur japonais.
Il s’agit d’une profession que je trouve assez surprenante et d’y voir une fonction de guide pour les âmes errantes est quelque chose que je trouve intéressant.

→ Maudite Madone

On y retrouve Maria, une jolie demoiselle dans un pensionnat religieux pour jeunes filles qui semble vouer un culte très étrange à la sainte vierge. De plus l’établissement cache semble-t-il de biens lourds secrets ; jalousie, trahison, malédiction… va-t-elle pouvoir s’en sortir face au volage directeur et son étrange femme ?

On pourra trouver assez étrange le fait de retrouver la religion catholique abordé dans une œuvre japonaise, mais pour ceux qui l’on lu c’était également le cas avec Sensor.
Lorsque j’ai vu certaines illustrations je pensais que nous allions avoir à faire à une statue de vierge Marie pleurant des larmes de sang, ce qui est quelque chose dont on entend quelques fois parler, mais il n’en est rien. Junji Ito est bien plus inventif…
La genèse du titre est assez amusante puisqu’il s’agit d’un jeu de mots et de sonorités entre Madone et Madanna qui signifie maudit mari en japonais.
Je suis toujours tellement surprise par le processus créatif de Junji Ito qui part très souvent de quelque chose de parfaitement anecdotique pour aboutir à une histoire construite.

→ La rivière spectrale d’Aokigahara

Une histoire surprenante où il est question d’un étrange et joyeux cortège d’anciens suicidaires à jamais emporté dans une sorte de rivière…

Alors qu’au départ l’auteur partait sur quelque chose de plus SF, il est resté sur une histoire d’âme errante.
Ce que j’ai trouvé intéressant pour ma part, c’est de retrouver un lieu que nous connaissons un peu plus facilement nous lecteur européen de part sa médiatisation. L’auteur y inclura même à un moment la présence d’un youtubeur, un clin d’oeil que je trouve intéressant.

→ Léthargie

Une jeune homme souhaitant devenir avocat croit être devenu un tueur en série durant son sommeil… Mais qu’en est-il réellement ?
Alors qu’il a enfin des réponses, plutôt que de s’améliorer les choses vont finir par prendre une bien étrange tournure à vous glacer le sang
Plongez dans les méandres de la psyché humaine à la sauce Junji Ito !

Il s’agit d’une histoire que l’auteur avait en tête depuis un moment et qui renvoi à un certain état que l’on ressent alors que l’on se réveil. Il voulait exploiter ces quelques minutes entre rêves et réalités où l’on se sent étrangement bien.
J’avoue que pour ma part j’y ais vu d’autres choses, notamment l’implantation de faux souvenirs qui aurait été une thématique très intéressante à exploiter encore plus. Mais qui c’est, ce sera peut être fait dans une autre histoire. Quoi qu’il en soit c’est une histoire qui tient la route et que je trouve pour ma part très angoissante.

A la fin du manga, nous pouvons lire dans la postface en plus des explications sur le pourquoi de ces histoires et la source de chacune d’elles, des confidences de l’auteur par rapport à cette période troublante pour chacun que nous avons récemment traverser avec le covid. Pour lui, c’était la première fois où il diffusait ses travaux via une application. Cela lui a permis une grande souplesse par rapport au nombre de page, lui qui admet avoir du mal à respecter parfois les limitations.
Et comme je le comprends…

Pour finir on retrouve à nouveau une analyse de Morolian, spécialiste francophone de l’auteur qui est toujours très intéressante à lire.
Je ne reviendrais trop pas sur cette analyse en profondeur de l’oeuvre mais je retiendrais par exemple l’influence du Giallo qui est l’un de mes genres cinématographiques préférés sur le travail de Junji Ito, je n’avais jamais fait le rapprochement, mais cela paraît maintenant comme une évidence. Comme quoi, la passion que je me suis découverte enfant demeure encore actuellement.
Morolian met également en évidence la peur de Junji Ito pour l’oeil et le regard, d’ailleurs vous n’êtes pas sans avoir vu que c’est un des éléments dominants de la couverture de ce tome et très présent au travers des différentes histoires.
Nous en apprenons aussi un peu plus sur cette « Zone Fantôme » où l’auteur chercherais à nous emmener, toujours à la frontière entre deux choses, le conscient et l’inconscient, le rêve et la réalité, etc…

Bref, vous vous en doutez, comme pour chacun des titres de Junji Ito, pour moi c’est un coup de cœur car c’est l’un de mes auteurs préférés. Difficile d’être neutre…
Donc lisez -le !

Je vous invite à suivre Mangetsu sur les réseaux sociaux…

04 01 03 02

N’hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, si vous avez des questions à me poser je suis à votre disposition.
CatZ

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10 réflexions sur “Zone Fantôme

  1. C’est intéressant d’avoir ton retour de l’un de tes auteurs préférés. C’est chouette d’ailleurs que l’auteur laisse des notes à la fin pour expliquer la source de toutes les histoires. Merci pour la présentation. Belle journée

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    • J’ai déjà fait des retours sur plusieurs de ces titres tu sais. Mais j’ai toujours du mal à le conseiller, car je pense qu’il ne s’adressera pas à tout le monde ou du moins pas de la même manière. C’est un génie dans ses travaux, il semble s’émerveiller de tout et trouve de l’horreur dans de petites anecdotes qui pourraient nous sembler insignifiante. Je suis tombé dedans alors qu’on me le déconseillait c’est sans doute cela le plus amusant.

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    • Ce n’est pas un artbook, il s’agit bien d’un manga avec du texte. J’ai simplement choisi quelques planches ou cases pour illustrer mon propos. ^^ Junji Ito est un maître du genre dont le style graphique est exceptionnel. Je serais très curieuse de découvrir ces comptes dont tu me parle.

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